‹ Du paludisme et de son hématozoaireChapitre 17 sur 42 · CONDITIONS FAVORABLES À SON DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

CONDITIONS FAVORABLES À SON DÉVELOPPEMENT

SInous ne savons pas encore sous quelle forme le parasite du paludisme se rencontre dans le milieu extérieur, ni comment il pénètre dans l’économie, nous connaissons du moins les causes qui favorisent son développement et sa pénétration dans le sang; l’étude de ces causes est très importante, car elle sert de base à la prophylaxie.

Le paludisme est essentiellement une maladie endémique; on peut délimiter les zones dans lesquelles il règne, de même que les naturalistes indiquent les régions dans lesquelles on rencontre telle ou telle plante, dans lesquelles s’observe telle ou telle espèce animale.

Le paludisme peut apparaître dans des localités qui depuis des siècles en étaient indemnes; aux îles Maurice et de la Réunion les fièvres palustres, presque inconnues autrefois, ont pris depuis 1867 une grande extension.

Il est heureusement plus fréquent de voir le paludisme reculer; la liste est longue des localités, des contrées entières qui ont été assainies grâce à la culture et au desséchement du sol.

Au xvir° siècle, les fièvres palustres étaient frès communes et très graves en Hollande (Pringle) Les immenses travaux accomplis pour protéger les côtes contre l’envahissement de la mer ont réduit considérablement le champ de l’endémie palustre.

Nous savons par les écrits de Morton, de Willis et de Sydenham que les fièvres palustres régnatent autrefois à Londres; un marais fut desséché et sa disparition amena celle des fièvres.

Graves signale les heureux effets du drainage des terres en Irlande, et il montre qu’en beaucoup d’endroits le drainage à mis fin à l'endémie palustre. (CZinique, L. F°,

traduction francaise, p. 3.)

À Strasbourg, on observait encore en 1832, non seulement des fièvres intermitlentes, mais des fièvres palustres graves, compliquées d'accidents pernicieux; lendiguement de VI et du Rhin et la disparition des marais ont rendu les fièvres très rares. |

Dans la Bresse, la Sologne, les Landes, le Morbihan, l'endémie palustre a perdu beaucoup de son importance.

En Algérie, le paludisme a disparu presque complètement de localités sur lesquelles il sévissait avec une grande force au début de la conquête; partout la mise en culture régulière du sol l’a obligé à reculer.

Les localités humides, incultes, marécageuses fournissent au paludisme un milieu très propice. L'existence de marais proprement dits n’est pas nécessaire, et, d'autre part, tous les marais ne sont pas fébrigènes, même dans les pays chauds. À Taïti, en Australie, à la Nouvelle-Calédonie les fièvres palustres sont très rares, malgré l’existence de marais ayant tous les caractères objectifs des marais fébrigènes, ainsi que Boudin la fait justement remarquer. Pommay a signalé l’innocuilé des marais des hauts plateaux du Sud-Oranais. (/evue d'hygiène, 1884, t. VI, p. 184.)

Si le marais proprement dit n’est pas nécessaire, il faut du moins de Ja Zerre humide : les fièvres palustres ne prennent pas naissance sur les navires au large; dans les pays tropicaux, lorsque le sol est desséché depuis longtemps, lesfièvres disparaissent ; la pluie, surtout lorsqu'elle ne dure pas longtemps, rend au sol sa puissance fébrigène, les pluies peu abondantes qui se produisent vers la fin de l'été dans les pays chauds, et qui sont bientôt séchées par le soleil sont connues comme très dangereuses; les pluies abondantes, etqui durent très longtemps,

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