PALUDISME CONGÉNITAL
charbonneux atténué qui n’agit pas sur ces animaux à l'état normal. (Charrin et Roger, la Fatique et les Maladies microbiennes, in Semaine médicale, 1890, p. 29.)
Il résulte des recherches publiées récemment par P. Canalis et B. Morpurgo (Rome, 1890) qu’en soumettant des animaux au jeûne, on peut les rendre aptes à contracter une maladie à laquelle ils sont réfractaires à l’état normal ; les pigeons et les poules privés de nourriture perdent leur immunité pour le charbon. Pendantle jeûne, le nombre des leucocytes diminue dans le sang (Canalis et Morpurgo) ce qui fournirait peut-être une explication de la disparition de l’immunité.
Une première atteinte de paludisme ne confère aucune immunilé; au contraire les individus qui ont eu la fièvre palustre sont plus exposés que d’autres à la contracter. On peut dire que les rechutes sont de règle; 1l est vrai que ces rechutes n’impliquent pas une nouvelle infection, l'agent du paludisme pouvant rester longtemps à l'élat latent.
Le paludisme est inoculable par injection intra-veineuse ainsi que nous l’avons vu, mais il ne se propage pas par voie de contagion d'homme à homme.
«Paludisme congénital. — 11 existe dans la science un certain nombre d’observalions qui tendent à démontrer que le paludisme peut être congénital : faits de Sue et de Hawelka (Bouchut), de Playfair et de Duchek (Griesinger), de Bohn et de Bureau. (Leroux, Revue de médecine, 1882, p. 569-575.)
« Playfair rapporte l'observation d’une femme qui, pendant sa première grossesse, était atleinte tous les quinze jours d'accès répétés de fièvre intermittente; l'en-
fant à la naissance présentait une rate tellement hypertrophiée que son extrémité atteignait lombilic; l'enfant n'eut point de fièvre jusqu'à l’âge de deux ans, mais il était pâle et maladif. Duchek à observé un cas tout à fait semblable ; l'enfant mort peu de temps après la naissance présentait une tumeur splénique pigmentée et du pigment dans le sang de la veine porte. » (Griesinger, Traité des maladies infectieuses, 2° édit., trad. franç. 1877, p. 20.)
Il résulte également des observalions de Chiarleoni que le germe du paludisme peut atteindre le fœtus et qu'il le tue souvent quand la mère n'est pas soumise à la médicalion quinique. Les enfants nés à terme de mères qui ont souffert pendant la grossesse d'accès de fièvre palustre, mais qui ont été {raitées par la quinine présenteraient au contraire le plus souvent un développement normal et Les attributs d’une bonne santé. {Le Paludisme et la fonction de la génération chez la femme, in Ann. univers. di medicina, avril 1886.)
On croyait naguère que le placenta formait un filtre parfait qui empêchait les microbes de passer de la mère au fœtus et l'existence du paludisme congénilal pouvait paraître en opposition avec la nature parasilaire de la maladie. (Leroux, Aevue de médecine, 1882, p. 661.)
Straus et Chamberland ont montré que les microbes du charbon symptomalique, du choléra des poules et de la seplicémie expérimentale, passaient de la mère au fœtus (Société de biologie, 11 novembre 1881), et que la bactéridie charbonneuse elle-même n'était pas toujours arrêtée par le placenta (Société de biologie, 16 décembre 1882), contrairement à ce que pensait Davaine.
On comprend que les hématozoaires du paludisme qui, à leur première phase de développement, sont à l’état de