‹ Du paludisme et de son hématozoaireChapitre 20 sur 42 · INCUBATION · texte numérisé non relu

INCUBATION

corpuscules amiboïdes très petits, libres ou intimement accolés aux hématies, puissent eux aussi franchir le placenta. La transmission du paludisme de la mère au fœtus se concilie donc très bien avec les notions que nous possédons aujourd’hui sur la nature parasilaire de la maladie.

Il serait intéressant pour lever les derniers doutes au sujet du paludisme congénital d'examiner le sang du nouveau-né d’une mère atleinte de paludisme et de constater l'existence des hématozoaires. |

Guarnieri et Bignami ont recherché deux fois les hématozoaires dans le sang de fœtus de trois mois et six mois provenant de mères cachecliques ; dans ces deux cas l’examen a élé négalif. I n’y a rien à conclure de ces deux faits négatifs, de nouvelles recherches sont nécessaires.

Incubation. — Quelques auteurs ont admis que l’invasion du paludisme pouvait êlre très rapide; on a eité souvent l'exemple de voyageurs atteints tout à coup d'accidents pernicieux, tandis qu'ils traversarent une localité marécageuse. Pour que ces faits fussent probants, il faudrait démontrer : 1° que ces voyageurs n'étaient pas sous l'influence du paludisme depuis quelque temps déjà; 2° que les accidents observés étaient bien dus au paludisme et non à d’autres causes, au coup de chaleur, par exemple. Jusqu'ici cette démonslration n’a pas été faite. Je crois, pour ma part, qu'il existe toujours une période d'incubation, dont la durée minima peut être fixée de six à dix Jours.

« J'ai vu, dit Maillot, un grand nombre de militaires ne tomber malades que dix ou douze jours après avoir quitté les postes voisins des marécages. » (Traité des fièvres, p. 263.)

J'ai signalé déjà le fait suivant qu'il m'a été donné d'observer : Un corps de troupes arrivant de France débarque à Bone en été et se rend par élapes de Bone à Constantine en traversant des localités notoirement insalubres ; pendant la route aucun cas de paludisme ne se produit; c'est seulement plusieurs jours après l’arrivée à Constantine, alors que les hommes faisant partie de ce corps de troupes sont logés dans une caserne très saine, que des accidents de paludisme se déclarent chez un grand nombre d’entre eux; certains malades ne sont frappés qu'un mois ou plus après l’arrivée, tandis que d’autres sont atteints sept à huit Jours après avoir traversé les localités marécageuses.

Sorel a rapporté des faits semblables : « Le poste de Takitount, qui est à une altitude de 1051 mètres et qui est situé en dehors de la zone ordinaire du paludisme, reçoit le 8 août 1881 un renfort de dix-huit soldats qui, débarqués à Bougie Le 3 août, avaient été mis en route le 6 août. Le 18 août, douze hommes de ce détachement tombent malades et entrent le 19 à l'hôpital de Sétif; le 21 et le 24, deux nouveaux malades du même détachement sont encore envoyés à l'hôpital, et chez tous on constate de la facon la plus nette les symptômes du paludisme. »

Comme le fait remarquer Sorel, il paraît évident que ces hommes avaient contracté les germes du paludisme pendant la route de Bougie à Takitount (un des gîtes d'étape est très malsain), ce qui donne de sept à neuf jours comme durée de lincubation dans la plupart des cas. (Archives de médecine militaire, 1884, t. IT, p. 293.

Dans ces dernières années, on a inoculé un certain nombre de fois le paludisme d'homme à homme, ainsi

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