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CHAPITRE II

RECHERCHES POSTÉRIEURES AUX MIENNES. — L'HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME A ÉTÉ RETROUVÉ PAR UN GRAND NOMBRE

. D'OBSERVATEURS. — CONCORDANCE REMARQUABLE DES DES- CRIPTIONS QUI EN ONT ÉTÉ DONNÉES DANS TOUS LES PAYS.

Les travaux avant pour objet de contrôler mes recherches sur les parasites du paludisme, très rares de 1881 à 1886, sont devenus de plus en plus nombreux dans ces. dernières années. |

Dans l'exposé de ces recherches, qui pour la plupart confirment les miennes, je ne suivrai pas exactement l’ordre chronologique. Plusieurs observateurs ont publié sur la question des mémoires qui se corrigent ou se complètent lun l'autre et qui ne peuvent pas être examinés séparé-

ment. La bibliographie par années qui se trouve à la fin de ce volume permettra au lecteur de rétablir l’ordre chronologique de ces travaux.

Dès la fin de l’année 1880, j'avais communiqué à mon collègue le D° E. Richard, professeur agrégé du Val-de- Grâce, les premiers résultats de mes recherches en le priant de les contrôler. M. Richard m'écrivit bientôt qu'il avait réussi à retrouver dans le sang des palustres de Philippeville (province de Constantine), les parasites observés à Constantine.

Dans un article de la /evue scientifique du 27 janvier 1883, Richard décrit très bien les différents aspects sous lesquels les éléments parasilaires se présentent dans le sang des palustres, et il conclut ainsi : « Aujourd’hui, après une année de recherches, nous demeurons fermement convaincu que M. Laveran est dans le vrai et que le microbe réel de l’impaludisme a été découvert par lui. »

Nous avons vu (p. 5) que le nom de Marchiafava figurait en 1880 parmi ceux des observateurs qui défendaient le prétendu bacillus malariæ. Depuis cette époque, Marchiafava a abandonné complètement ce bacille, et il a publié, sur le paludisme, en collaboration avec Cell, plusieurs mémoires dont l'analyse nous arrêlera un peu. De 1884 à 1889 les opinions émises par ces auteurs ont beaucoup varié et l’histoire de ces variations est indispensable à connaître quand on veut apprécier la valeur de certaines revendications faites par Marchiafava ou en son nom.

En 188%, Marchiafava et Celli, dans un mémoire sur les altérations des globules rouges dans l'infection malarique et sur la cause de la mélanémie, déclarent que tous les éléments parasitaires décrits par moi dans le sang des palustres doivent être considérés comme des hématies dégénérées. Marchiafava et Celli contestent absolument que ces éléments nouveaux que j'avais eu l’occasion de leur montrer à Rome en 1882 soient de nature parasitaire ; ils veulent expliquer les flagella eux-mêmes par une dégénérescence des hémalies.

Marchiafava et Celli inclinent à croire à cette époque que l'agent du paludisme est un microcoque.

Dans une lettre datée de Rome, 9 avril 1884, M. Marchiafava, en me remerciant de l'envoi de mon Traité des fièvres palustres et en m'’envoyant le mémoire précité, a

bien soin de me faire remarquer qu'il est arrivé, avec son collaborateur, à des conclusions très différentes des miennes.

« Pour nous, m'écrit M. Marchiafava, les seuls éléments pouvant être soupçonnés d’être des parasites sont des corpuscules privés de pigment, analoques à des microcoques, qui se trouvent souvent en grand nombre dans les globules rouges et qui sont seulement visibles sur les préparations du sang desséché et coloré par le bleu de méthylène.

« Nous croyons que les formes pigmentées que vous avez décrites ne sont autres que des globules rouges dégénérés el pigmentés. »

Au Congrès de Copenhague en 188%, Marchiafava el Celli soutenaient encore, avec Tommasi Crudeli, que les éléments décrits par moi comme étant les parasites du paludisme ne représentaient que des phases de régression des hémalies.

Ainsi 1l ne peut pas y avoir de doute à cet égard: après la publication de mon 7raité des fièvres palustres, quatre ans après la publication de mes premiers travaux sur la question, Marchiafava et Celli refusaient d'admettre la nalure parasitaire äes éléments décrits par moi dans le sang des palustres, aussi bien celle des corps sphériques que celle des corps en croissant et des flagella, et ils pensaient que le parasite du paludisme était un microcoque.

En 1885, Marchiafava et Celli, dans un deuxième mémoire qui a pour titre : Nouvelles recherches sur l'infection malarique (Annales italiennes de l'agriculture. Rome, 1885), reconnaissent qu'on rencontre dans le sang palustre des éléments parasitaires qui affectent les formes décrites précédemment par moi : corps pigmentés libres ou adhérents aux hémalies, corps en croissant et flagella doués

LAVERAN. 4

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