D0 DU PALUDISME
de mouvements extrêmement caractéristiques; ls insistent encore sur les petits éléments non pigmentés décrits dans leur publication antérieure comme des espèces de mierocoques, mais en avouant que, contrairement à leurs premières assertions, beaucoup de ces éléments sont visibles dans le sang frais et renferment des grains de pigment; sur 47 éléments parasilaires représentés, 40 sont pigmentés.
Il suffit de jeter les veux sur les figures reproduites cidessous (fig. 5) d’après ce mémoire de 1885, pour s'assurer que les éléments parasitaires décrits par ces auteurs sont bien ceux dont j'avais signalé la présence dans le sang pa-
Fig. J A, B, C, hématies renfermant des plasmodes. — D, E, corps hyalins pigmentés avec des flagella. — F, corps en croissant. — G, corps ovalaire.
(Figures empruntées aux mémoires cités de MM. Marchiafava et Celli.)
lustre plusieurs années auparavant; on reconnait facilement les corps sphériques adhérents aux hématies (inclus dans les hématies disent Marchiafava et Celli), les éléments munis de flagella et les corps en croissant.
En 1886, nouveau mémoire des mêmes auteurs publié dans le même recueil que le précédent. Marchiafava et Celli insistent beaucoup sur la description des éléments doués de mouvements amiboïdes et dépourvus de pigment auxquels 1ls proposent de donner le nom de p/asmodes ou hémoplasmodes malariques. Ce nom de plasmodes, appliqué pour la première fois à des éléments parasitaires du sang
palustre, a pu faire croire à quelques personnes que Marchiafava et Celli avaient trouvé de nouveaux parasites : en réalité, ces auteurs n'ont fait que décrire sous ce nouveau nom dont l'impropriété a été démontrée (1) des éléments signalés par moi dès 1880 et 1882. Pour appuyer leurs revendications, Marchiafava et Celli ont insisté sur ces deux considérations que les plasmodes étaient des éléments non pigmentés et doués de mouvements amiboïdes; j'avais dit avant eux (voyez p. 18) que les éléments désignés dans mes premières publications sous le nom de corps n° 2, el qui correspondent aux plasmodes, étaient doués de mouvements amiboïdes et que les plus pelits de ces éléments ne renfermaient pas de pigment. Marchiafava et Celli ont, d’ailleurs, pour les besoins de leur cause, exagéré beaucoup la fréquence de la non-pigmentalion de ces éléments ; il est exceptionnel de rencontrer des éléments amiboïdes non pigmentés du volume de quelquesuns de ceux représentés dans le mémoire précité.
En 1887, dans une communicalion sur l'infection malarique faite à l’Académie royale de Rome, Marchiafava et Celli affirment de nouveau que les éléments doués de mouvements amiboïdes et dépourvus de pigment (plasmodes) sont les véritables parasites du paludisme, tout en reconnaissant que les éléments pigmentés sont également parasitaires et qu'il ne s’agit pas, comme ils l'avaient soutenu précédemment, d’une dégénérescence des hématies.
En 1888, dans les Archives italiennes de biologie, les mêmes observateurs essayent, une fois encore, de démon-
(4) Les naturalistes désignent sous le nom de plasmodes une réunion d'êtres semblables qui s’observe assez souvent à l’une des phases du développement des protozoaires; les hématozoaires du paludisme ne se présentant pas à l’état de plasmodes, ce nom générique ne peut pas leur convenir.