MARCHE, DURÉE
Nous venons de passer en revue l’ensemble des symptômes qui caractérisent chaque espèce de panaris, considérée isolément. Nous allons voir maintement que la marche, la durée et la terminaison de cette affection varient également, selon ses variétés, d’après l’état constitutionnel et les conditions du malade.
Le panaris érythémateux affecte généralement une marche aiguë et se comporte un peu comme l’érysipèle, comme une simple dermite; cette inflammation disparait assez vite. Mlle
ne dure guère au delà de deux à trois jours, et dans Tespace lie deux septénaires toute trace de plegmasie a disparu. ,-.orsque l’inflammation persiste davantage, c’est qu’il ne Vagit pas d’un panaris érythémateux, mais phlycténoïde ou phlegmoneux. Dans le cas de panaris anatomique^ les phénonènes peuvent présenter deux marches bien différentes : llantôt on voit apparaître en quelques heures des désordres fr^énéraux, dont la durée est en rapport avec leur gravité ; Lantôt il ne survient que des accidents locaux qui disparaisiFsent dans l’espace de vingt-quatre à quarante-huit heures.
On a comparé la marche du panaris vésiculeux (observatlion 111) à celle d’un vésicatoire. On voit, en effet, apparaître * jpendant un, deux, trois jours de la rougeur, puis une petite ccollection séreuse d’abord transparente, mais qui ne tarde jpas à se troubler ; elle perfore bientôt la couche épidermique ret laisse le derme à nu et enflammé, comme lorsqu’on enlève {prématurément la cloche d’un vésicatoire. Au bout de six à ‘sept jours, l’épiderme se dessèche , se détache et le derme ; apparaît sous un aspect rosé ou rouge violacé qu’il conserve ijusqu’à ce que les nouvelles couches épidermiques soient I déclarées en restant exposées au contact de l’air pendant quelques semaines.
La durée de cette forme de panaris n’est que de un à trois septénaires lorsqu’il est soigné méthodiquement. Mais la guérison peut se faire attendre beaucoup plus longtemps si on n’ouvre pas la phlyctène purulente. J’ai vu un malade assez pusillanime pour reculer devant une si légère opération, et conserver la collection purulente intacte pendant onze jours. La guérison n’a été complète qu’au bout de quatre semaines. Dans ce cas le pus attaque le derme, l’irrite et en retarde la cicatrisation. Nous avons vu même que celte espèce de panaris peut dans certains cas durer indéfiniment et constituer ui:c sorte de 'oanoris chronique : c’est lorsque
siégeant à la base de Tongle lui-mèine , il est suivi du déve-" loppenient de bourgeons charnus qui finissent par détruire la matrice unguéale. Si le chirurgien n’attaque vivement ces excroissances à l’aide du bistouri ou du ciseau et d’un caustique quelconque tout en prescrivant en même temps un traitement interne, lorsque, l’indication l’exige, cette affection présentera dans sa marche et sa guérison tous les caractères d’une véritable affection chronique. En pareil cas l’usage de l’huüe de foie de morue est aussi plausible que pour l’ophthalmie scrofuleuse, et que la prescription des mercuriaux lorsqu’on soupçonne un vice syphilitique.
Le panaris anthracoïde marche plus l^^ntement. Il paraît r<"ster stationnaire pendant quatre, six, dix jours parfois, puis peu à peu les saillies furonculeuses se dessinent , les bourbillons se détachent, la plaie se déterge, et la cicatrice s’opère comme pour l’anthrax ordinaire.
Sa durée peut être évaluée à vingt ou trente jours à moins qu’il ne se soit développé une gangrène trop profonde ou un panaris de la troisième ou de la quatrième variété.
Le panaris sous-cutané, comme le phlegmon des membres ou du corps suit une marche aiguë et plus ou moins compliquée. Dans l’espace d’un, deux, trois jours, apparaissent des traces de rougeur et de la tuméfaction. Après être resté stationnaire de quatre à six jours le gonflement prend une teinte bleuâtre, se ramollit et la suppuration apparaît avec tous les signes caractéristiques. Si le pus s’écoule la guérison ne se fera pas attendre longtemps.
La durée moyenne de ce panaris est de trois à cinq septénaires. Mais lorsque la gangrène a compliqué sa marche il peut durer jusqu’à deux et même trois mois.
Lorsqu’il n’existe pas de complications le panaris de la gaine présente le processus d’une simple synovite suppurée. II a une durée indéterminée mais dont on pourrait néan-
: noins évaluer révolution à deux ou trois mois dans les cas k-es plus bénins. Malheureusement il se complique le plus ■ ouvent d’accidents périostiques ou de phlegmons palmaires 'd dès lors on ne peut lui assigner une marche régulière ni me durée bien déterminée. Il n’est pas rare de voir cette i;.fFection prendre un caractère chronique dont le résultat atal n’est que trop souvent une amputation du doigt ou une raideur permanente des articulations malades (observation IX).
Le panaris périosüque (observation YI) présente dans sa )ériode de développement, son processus et la marche des (Symptômes, plus d’incertitude que les formes déjà étudiées, [’out phénomène primitif ou concomittant semble dépendre non-seulement de l’élément anatomique, mais encore de la ‘ institution du malade. C’est le cas de faire jouer un grand ■• ôle à la scrofule, au lymphatisme, à la syphilis. S’il est vrai que ces divers états morbides sont capables de développer i)ar leur influence la périostite, les synovites spontanées aux membres inférieurs, pourquoi ces mêmes lésions ne se montreraient-elles pas aux doigts qui sont des organes sujets i'. un exercice continuel et des plus variés?