‹ Du panarisChapitre 11 sur 18 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

En passant en revue les diverses formes de panaris nous i vons indiqué leurs phases successives et leur durée, reste à

' xaminer leurs différents modes de terminaison. Ils méritent une certaine attention, parce que si dans l’immense majorité Iles cas, le panaris ne se termine pas par la mort, il laisse à a suite des lésions plus ou moins durables , très -souvent ncompatibles avec l’exercice régulier des doigts et de la nain. En tenant compte de la variété et de la fréquence des nutilations que le panaris laisse après lui, tout chirurgien onsciencieux doit se demander, en voyant éclater cette alfecion, quelle sera sa terminaison, quelles en seront les con-

séquences. Le résumé de ses conclusions sera à peu près complet lorsqu’il supposera que le phlegmon des doigts, comme toute phlegmasie aiguë, peut se terminer par l’une des manières suivantes : résolution, suppuration, exfoliation des tendons, induration avec atrophie ou avec hypertrophie, gangrène, nécrose, ankylosé, et enfin la mort quelquefois.

La résolution est le mode de terminaison le plus heureux, mais, comme nous l’avons déjà dit, il est le plus rare. Elle ne s’observe guère que dans le panaris érythémateux. Dans ce cas, l’épiderme se flétrit dans deux ou trois jours, et il en résulte une desquamation suivie d’une rougeur qui disparaît dans dix à quinze jours. Telle est la double terminaison par résolution et desquamation, mode de guérison qu’on n’observe presque jamais dans les autres variétés de panaris. Cette rareté tient à la nature intime des doigts et surtout à ce que les malades négligent souvent leur mal au début, continuent leurs travaux manuels, ou bien se soumettent à ces traitements aussi dangereux qu’absurdes que s’empressent de leur fournir les commères ou de cupides charlatans. On pourrait en dire autant de tous ces fameux rebouteurs, guérisseurs que la superstition du vulgaire aime à exalter, et auxquels elle attribue un don divin se transmettant de père en fils comme la célèbre pilule perpétuelle ou bien, comme autrefois, entre les rois de France le prétendu monopole de la guérison des écrouelles. Souvent c’est pour avoir écouté trop longtemps cette charité mal entendue ou essayé d’un spécifique composé dans l’officine d’un inventeur, de remèdes secrets ou dans l’arrière-boutique d’un marchand de vin, qu’un panaris des plus légers a passé à la variété la plus grave et nécessité parfois de sérieuses mutilations.

La suppuration est sans contredit la terminaison la plus commune. Le plus souvent elle est locale, bornée à la partie primitivement 'envahie par la phlegmasie, et se caractérise

rime phlyctène séro-purulente ou purulente, comme dans tourniole, ou par une véritable collection de pus crémeux^ imme dans le panaris phlegmoneux. Los parois de la phlycne érodées par le pus donnent issue à ce liquide, qui devienait dangereux en stagnant trop longtemps à la surface du irme et c’est ce qui arrive lorsque l’épiderme est trop épais, imme chez les ouvriers maçons, les forgerons.... Dans ce «s il perfore la peau et s’étale sous le derme. Il en résulte ))rs une double couche purulente, l’une sous-épidermique, l’autre sous-dermique, communiquant ensemble par un ou liusieurs pertuis. Nous avons déjà vu que l’on désignait ces lux nappes de pus sous le nom d’abcès en bissac. Dans itelques cas, la collection purulente, ne gagnant pas en proiideur ou ne trouvant pas une issue au dehors, est capable décoller toute, la couche épidermique du doigt malade. Si 'Suppuration siège au voisinage de l’ongle, elle peut le (Coller et en occasionner la chute. Toutes ces complications sont que des accidents bénins; mais, lorsqu’il s’agit d’un maris de la troisième variété, le pus est capable d’occa- ►»nner des désordres sérieux : en formant des fusées puruhtes dans les gaines synoviales, il va jusqu’à produire des i legmons palmaires et de l’avant-bras, des synovites suivies urtérites sup[)urées et de Texfoliation des tendons.

ILa suppuration est la terminaison fatale du panaris périos- 'ue. Ici elle a pour résultats la perte de la dernière phalange lie raccourcissement du doigt frappé de nécrose.

ILa terminaison par gangrène (observation 5) est assez rare, LAS on l’observe dans certains cas. Elle envahit rapidement iite une phalange ou le doigt tout entier. Elle se présente iivent dans la forme anthracoïde, laquelle se termine par ensemble de bourbillons qui constituent une véritable liique gangréneuse suivie d’une ulcération simple. L’invaiii de la gangrène s’annonce par la diminution ou la cessa -

tion rapide de la douleur, une chaleur peu intense, TafFai-i blisseraent de la tuméfaction, l’apparition d’une couleur terne, violacée qui succède à la rougeur vive de l’inflammation franche ; bientôt se montrent des phlyctènes à sérosité rougeâtre. Si la gangrène occupe une certaine étendue, ib peut en résulter des désordres généraux : prostration, pouls petit et irrégulier, langue sèche et fuligineuse, inappétence,... lorsque l’affection gangréneuse n^’est pas enrayée dans sa marche ou son extension, elle envahit la main, le membre supérieur en entier, et le malade succombe parfois, ou bien il traîne dans une longue convalescence ; dans certains cas la vie elle-même ne peut être sauvegardée ou la guérison n’est possible qu’au prix d’une amputation du bras.

Vincluralion est le plus souvent le résultat de la suppuration ; ainsi après l’exfoliation des tendons ou la nécrose d’une phalange, sous l’influence d’une action inflammatoire un nouvel épanchement de lymphe plastique venant s’ajouter à celui qui à la première période de la maladie a déjà infiltré le tissu cellulaire des parties malades, il en résultera des adhérences tendineuses avec les coulisses synoviales ou avec; les tissus ambiants ; comme résultat final la rétraction des doigts, de la main et parfois du poignet, une roideur plus ou mois prononcée, et parfois l’impossibilité complète de mouvoir les doigts comme dans l’aukylose. Ces adhérences sont constituées par des bourgeons charnus ou par des néo-mem branes. Lorsque ces bourgeons charnus se développent con sidérablement dans là gaine synoviale ils donnent au doigt une forme cylindrique ; lorsqu’ils s’épanouissent dans la cavité résultant de l’ablation ou de la nécrose de la phalangette, l’extrémité du doigt présente une forme glolDuleuse légèrement aplatie et qui constitue le véritable doigt eu massue. ;

V auJiUjlose (\o\\. être aussi rangée parmi les fâcheuses terminaisons du panaris. Elle résulte d’un épanchement de lymphe

\stique clans la cavité articulaire, ou bien d’une arthrite livie du dépolissement des surfaces articulaires ou de la 'Struction des ligaments. Nous venons de voir qu’elle peut fpendre d’une synovite fongueuse, alors que les tendons ne uvent plus jouer dans les coulisses synoviales. L’ankylose ut être vraie ou* fausse. La première est incurable, la îonde disparaît, ou du moins peut être corrigée par un itement convenable : mouvement' alternatif de flexion et

déflexion, travaux manuels

i.Quant à la terminaison par la mort, nous avons vu que \ïpérience et la statisque contrôlaient son existence : elle le plus souvent la conséquence de convulsions tétaniques terminées par l’acuité des douleurs ; elle peut être encore résultat d’une infection purulente ou d’une amputation 'sque l’inflammation a déterminé le phlegmon diffus de i /ant-brasoudubras (obs^ 1). 11 est évident qu’en pareil cas, ssque les incisions n’ont pas arrêté le mal, l’amputation est 5'ieul moyen de sauver le malade d’une mort plus ou moins rminente et prochaine.

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