COMPLICATIONS
’ln faisant Ténumération des divers modes de terminaison panaris, nous avons été obligé de citer quelques-unes de coniplications ; aussi craignant de faire d’inutiles répétiiis, nous glisserons rapidement sur cette question.
.iOS complications du phlegmon des doigts peuvent être usées en locales ou en générales.
■lertains auteurs* en admettent une troisième classe, qui Il prend les complications appelées coïncidences ou com- •ations intercurrentes. Ce sont les maladies primitives ou 'Sccutives au panaris et survenues en dehors de son innce. Comme elles sont capables de modifier parfois sou
processus pathologique, nous mentionnerons les plus fréquentes et les plus influentes.
Complications locales. — On entend par complications locales toutes les affections liées par voie de voisinage au phlegmon de la main, qu^elles siègent loco dolenti ou qu’elles i en émanent pour s’irradier dans les parties ambiantes. Cette classe comprend : l’arthrite, la gangrène, l’adénite, l’érysipèle, les diverses espèces de phlegmons.
1° h’angioleucite se montre surtout sur les parties latérales î des doigts et à la face dorsale de la main, et aux faces anté- j rieure et postérieure de l’avant-bras. Elle se caractérise parj des stries longitudinales, pailletées, d’une couleur rosée, cir-| conscrivant des losanges par leurs entre-croisements ; dans leur intervalle la peau est pâle et généralement tendue et luisante. C’est surtout dans le panaris anatomique qu’on a occasion d’observer l’angioleucite, et dans ce cas il prend quelquefois en peu de temps des proportions vraiment alarmantes ;
2* U adénite QsX le plus souvent consécutive àl’angioleucite, elle peut occuper les ganglions épitrochléens et même les ganglions du creux de l’aisselle. L’adénite traumatique ou consécutive à une lésion aiguë, telle que le panaris, etc..., se termine en général par une résolution qui coïncide avec la diminution de la lésion locale ou de l’appareil fébrile généralisé ; ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle se compliquejj de suppuration ou d’indura ion permanente. Cependant l’en-| gorgement parait durer plus longtemps et se résoudre aveci plus de lenteur chez les sujets lymphatiques ou scrofuleux, ï surtout lorsque le panaris occupe le petit doigt ou le pouce, h
3” V érysipèle n’est pas rare dans les cas de panaris sérieux.! Il s’annonce par de larges plaques rouges, à bords saillants,! dont la coloration d’un vif intense disparaît par la pression.! 11 se complique pre.sque toujours d’anédite épitrochléenne eti
i illaire. Si le foyer érysipélateux est étendu il s’accompagne . néralement de cet état fébrile auquel Hoffmann a donné le p)m de fièvre érijsi^élateme : halitucuse, soif intense,
..nstipation, malaise général, douleur locale, comparable à |ne sensation de brûlure, peau chaude, rouge-violacé, trèsr.ndue et douloureuse. Si la surface malade se couvre de nlyctènes, l’érysipèle est appelé érysipèle phlycténoïde. Mais ne se bornent pas tous ses caprices.
4® En effet, \q phlegmon énysipélaicux succède souvent à la éiriode érythémateuse. En ce moment, on peut observer des Laques gangréneuses, dont la chute laisse une ulcération irégulière qui ne se cicatrise qu’après la disparition de mdème des tissus dermiques ou sous-dermiques. Ce phlegmon ilt encore plus grave lorsque ces deux dernières couches ïiatomiques sont envahies, parce que la suppuration au lieu fî rester localisée, peut se promener à la surface desaponé- “oses musculaires et occasionner de graves désordres, dont conséquence inévitable sera le décollement du derme et la ?,‘struction de la couche cellulo-adipeuse sous-cutanée ;
0° L’ensemble des phénomènes précédents caractérise ce ne l’on désigne par le nom de phlegmon diffus. 11 exerce inncipalement ses ravages à la région palmaire, à la face ; orsale et antérieure de l’avant -bras ; il prend un caractère tout oécial lorsqu’il se développe à la paume de la main. Dans ce L3rnier cas, le malade n’échappe aux douleurs pertéréhrantes Ji panaris que pour passer aux douleurs tensives et lanciiintes du phlegmon de la paume de la main (obs. 2). Lorsque : nflammation est bien prononcée, la main est dans une sorte de ■3mi-flexion, et l’extension ne peut s’opérer qu’au prix des couleurs les plus atroces. Lorsque l’action phlegmoneuse reste irconscrite à la main, si sa marche n’est entravée par un aitement actif, elle suit les interstices musculaires de la aume de la main ou de l’avant- bras; se caractérise exté-
rieiiremeiit par un œdème et une tuméfaction qui sont bientôt suivis de suppuration. A la suite de ce travail ulcératif le tissil cellulaire intermusculaire est détruit, il se forme des adhé-i rences entre les muscles superficiels et la peau; les musclej profonds collés entre eux par leurs surfaces ne peuvent plus! fonctionner qu’incomplétement ou avec une grande gêne.
6“ V arthrite et les abcès i^ériarticulaires se développent par? un mécanisme semblable, c’est-à-dire par voie d’extension et| de pénétration. Nous avons déjà vu les désordres que les panaris, profond surtout, est capable de déterminer dans les articulations de la main et du poignet.
7° La gangrené consécutive au panaris présente divers phénomènes qui peuvent se résumer en quelques mots : perte du tissu cellulaire, exfoliation des tendons, destruction des ligaments articulaires et des synoviales, carie du squelette.
8° Vartérite et la phlébite se montrent rarement, il est vrai, mais aussi leur apparition est presque toujours suivie d’accidents funestes : infection purulente, abcès métastatiques dans les articulations du coude, de l’épaule, dans les divers viscères (foie, poumon ) et comme dernière conséquence
gangrène des extrémités, et en certains cas, mort par phlébite oblitératrice ou coagulante. Souvent, en effet, le malade, après avoir résisté à l’appareil fébrile de l’infection pyohémique succombe par suite d’une oblitération des cavités cardiques ou des vaisseaux pulmonaires, déterminée par un caillot migrateur.
9 Quant à la pourriture d'hôpital on ne l’observe guère que dans des cas exceptionnels, alors qu’il y a encombrement de blesses, lorsque 1 air est vicié par suite de la réunion d'un grand nombre d opérés, par défaut d’aération. Néanmoins, on 1 a vue survenir parfois sans cause bien connue. Elle se traduit par un écoulement ichoreux à la sui face des plaies, des moignons,.... lorsque quelques phalanges ont été enlevées :
bien elle revêt la forme couenneuse, et dans ce cas la sur- :-:e et le bord des plaies, au lieu de se dessécher, comme ms l’infection purulente, perdent de leur aspect rougeâtre ïse recouvrent d’une espèce d’enduit pultacé blanchâtre ; bourgeons charnus perdent leur vitalité, se flétrissent et confondent bientôt avec cette pulpe grisâtre ou gris-blanàtre qui constitue un putrilage gangréneux.