‹ Du panarisChapitre 14 sur 18 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic du panaris est en général assez facile quand L le considère à ses diverses périodes. Mais il ne suffit pas lulement de diagnostiquer cette affection de tant d’autres ni peuvent lui ressembler. Le praticien doit encore cherler à connailre en face de quelle espèce il se trouve, et cette sffinction est très-importante, puisque le mode de traitement dérive d’une manière immédiate. Pour bien poser ce ugnostic, il faut d’abord tenir compte de la constitution et la profession du malade, du siège de la maladie, de la son...

ILe phlegmon des doigts ne peut guère offrir de la ressemiince qu’avec les affections suivantes : brûlures, engelures, i.na-ventosa, arthrite scrofuleuse, enchondrome, gangrène ontanée, tumeurs cancéreuses, onyxis , synovites tendiuses.

!Une brûlure au premier degré ne peut ressembler qu’à la 3mière variété de panaris, et la cause déterminante de ffection indiquera elle-mèine le diagnostic.

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L’engelure peut offrir des ressemblances avec le panaris érysipélateux , mais dans la froidure les parties malades sont froides, glacées, peu ou point indolentes ; au moment de la guérison, on constate un prurit plutôt incommode que douloureux. i

Le spina-ventosa n’atteint guère que les jeunes enfants ou les ;| sujets scrofuleux. Il a une marche très- lente ; il y a absence de | douleur, ou bien si elle existe, elle est obtuse et très-profonde; de plus la tuméfaction porte sur les os plutôt que sur les parties molles, surtout au début de l’affection . La coexistence de quelques scrofulides, toute trace d’un tempérament strumeux peuvent encore aider à la conclusion d’un véritable diagnostic.

L’apparition d’une tuméfaction simulant une demi-fluctuation, survenue sans douleur et n’existant qu’à la face palmaire distingueront la synovite tendineuse chronique à son début. Plus tard le gonflement présente une dureté plus prononcée et élastique, il gagne la paume de la main avec plus ou moins j de lenteur, selon le doigt atteint ; la peau finit enfin par s’ul- j cérer en plusieurs points et, au lieu d’un écoulement phleg- | moneux comme dans le panaris de la troisième variété, on ne voit sortir que des fougosités.

Les synovites riziformes donnent une crépitation particulière qui n’existe pas dans la synovite fongueuse chronique.

L’arthrite frappe l’article avant de gagner les tissus ; au début le mal n’est pas superficiel, mais profond, la douleur se réveille surtout en imprimant des mouvements aux phalanges.

L’onyxis, onglade (Astruc) ; onychia maligna (Wardropp), ongle incarné (Monteggia).... ne pourrait offrir des ressemblances qu avec le panaris de la première variété, mais avec un peu d attention il est facile de distinguer la tourniole d’avec les diverses sortes àlonglades.

L’onyxis latéral n’apparait qu’à la lougue lorsqu'un individu use depuis longtemps d’une chaussure trop étroite (orteils) ou qu’il manipule habituellement des produits chimiques (doigts); elle se caractérise par un bourrelet le plus souvent unilatéral, rouge , épais, sans apparition de vésicule phlycténoïde, mais à bords sanguinolents , très-douloureux lorsque le bourrelet est excorié, le rebord unguéal s’enfonce dans les chairs, ce qui rend la marche très-pénible.

L’onyxis rétro-unguéal occupe la matiice de l’ongle; il 'Consiste d’abord en un épanouissement du bord dermique, ;plus tard en des fongosités saiiieuses qui s’étalent sur l’extréimité supérieure de l’ongle. De cette plaie s’écoule un pus iplus nauséeux et bien diffèrent du liquide purulent ou puri- Iforme qui s’écoule de la simple tourniole.

L’onyxis sous-unguéal ulcéreux a été bien décrit par 'M. Gosselin. Il présente une forme aiguë ou chronique. Le idébut de l’affection contribue considérablement à différencier ll’onyxis d’avec la tourniole. En effet, la véritable tourniole dé- Ibute en général en dehors de la matrice de l’ongle et ne fgagné celle-ci que secondairement. L’onyxis sous-unguéal, aiu contraire, débute primitivement sous l’ongle, sous l’in- ISluence d’agents divers (échardes, piqûres, contusions, comjpression, introduction de liquides irritants....,) et s’annonce ipar une douleur unguéale avec perte de la coloration nor-

Imale de l’ongle. Celui-ci est à peu près envahi par une teinte launàtre qui devient bientôt opaque; l’ongle est souvent désolé, et il s’échappe alors un ichor très-fétide, sanieux. Après a chute de l’ongle on constate l’existence d’une ulcération profonde, noirâtre, bornée au derme sous- unguéal très-dou- ‘.üureux, d'une cicatrisation difficile, et nécessitant le plus ■souvent l’usage des caustiques (nitrate, acide de mercure, i chlorure de zinc...) aidés d’un traitement interne.

L’onyxis syphilitique se distingue par un aspect cuivré,

des ulcérations à bords taillées à pic^ la teinte laiteuse de l’ongle. 11 faut avouer, cependant, qu’en certaines circonstances les antécédents du malade et le traitement sont indispensables pour établir un diagnostic certain.

Le cancer, quoique rare, peut s’observer : l’âge, les antécédents, l’état général, doivent être pris en ligne de compte danSyCe cas principalement.

11 existe, le plus souvent, un engorgement des ganglions épitrochléens. Le cancer encéphaloïde se manifeste longtemps avant d’ulcérer la peau, laquelle s’amincit très lentement. Il occupe de préférence les phalanges (Boyer, Rognetta); la forme cirsoïde existe surtout dans les espaces interdigitaux.

Quant aux variétés de panaris, elles sont d’autant plus faciles à diagnostiquer que l’affection est moins profonde. Mais au début de la maladie ce diagnostic est parfois trèsdifficile pour les trois dernières variétés de panaris.

Le panaris de la première variété se reconnaîtra à l’apparition d’une rougeur peu étendue, prurigineuse, bientôt suivie de résolution ou du développement d’une phlyctène transparente faisant rapidement le tour de l’ongle lorsqu’elle se montre à son voisinage. Il y a absence de phénomènes généraux; la douleur consiste d’abord en un léger prurit, remplacé quelquefois par une douleur pulsative qui s’accompagne de l’apparition d’une phlyctène. La forme anlhracoïde se caractérise par un aspect percillé par le nombre des bourbillons, la teinte violacée de la peau et le siège du mal.

Le panaris de la deuxième variété se distingue d’abord de la tourniole par un gonflement plus considérable à la face palmaire, une rougeur œdémateuse, difl’use, s’étendant â la face dorsale du doigt, une douleur lancinante, térébrante, une réaction fébrile générale, la durée de l’afléction ; la conservation des mouvements articulaires et le siésre limité de

la douleur peuvent le différencier du panaris tendineux. La forme gangréneuse, a pour caractères particuliers, la cessation subite de la douleur, la coloration violacée des tissus et la formation d’une eschare qui à sa chute laisse une ulcérattion plus ou moins profonde.

Le panaris profond, on de la troisième variété, s’annonce par un prurit profond qui se transforme rapidement en des ; douleurs excessives, par une coloration violacée moins suiperfîcielle que dans les variétés précédentes, par un gontle- ;ment fusiforme du doigt, dont l’extrémité se recourbe en forme de crochet, par rabolition des mouvements articulaires tet la douleur qui existe sur le trajet des tendons qui corresipondent au point malade.

Enfin, il arrive souvent que la phlegmasie occupe le doigt ten entier, ou bien se propage en peu de jours jusqu’à la 1 main et à l’avant-bras, elle peut même s’étendre jusqu’aux vautres doigts^ phénomènes qui ne s’observent presque jamais pour les deux premières variétés de panaris.

Le panaris de la quatrième variété a des signes moins (certains, son diagnostic est toujours difficile jusqu^à la période de suppuration, mais alors la crépitation que produit un stylet en heurtant contre la phalange dénudée devient mn signe moins équivoque de l’existence d’un panaris péiriostique.

Néanmoins un gonflement peu apparent, accompagné de (douleurs très-vives, ostéocopes, très profondes et limitées à la phalangette, la durée de la phlegmasie avant de s’accomipagner extérieurement des signes de suppuration, peuvent îfaire supposer l’existence d’un panaris périostique à sa première période.

Dans tous les cas, plus tard l’incertitude disparaît avec l’existence d’une fistule purulente.

hota. Il n’est pas toujours facile de reconnaître la période

de suppuration de ces rpiatre variétés de phlegmon digital, cependant c’est la période la plus importante a connaître pour le chirurgien, c’est celle qui exige le plus son intervention, surtout dans les cas de panaris profond. Pour la tourniole il n’y a aucune difficulté ; mais pour le panaris phlegmoneux la période de suppuration est parfois difficile à diagnostiquer.

Cependant, lorsqu’après quelques jours d’atroces souffrances on percevra une sensation de mollesse, d’élasticité et que les douleurs de picotement, d’élancement auront été remplacées par des battements, on pourra presque affirmer que la suppuration existe et qu’il faut lui donner issue. Si le panaris a eu un durillon pour point de départ, le diagnostic sera plus facile.

A la période de suppuration, le panaris de la gaine ne présente pas toujours une fluctuation bien prononcée, même lorsque le pus est déjà collecté. Souvent ce n’est que l’aspect de la partie malade, la date du début de la phlegmasie, la durée des douleurs existant depuis plusieurs jours et quelquefois les frissons qui peuvent faire présupposer l’existence de la suppuration.

Dans certains cas, une piqûre sera seule la véritable pierre de touche.

Pour le panaris périostique, l’incertitude est encore plus grande ; néanmoins on peut en conclure que, lorsque les douleurs existent depuis plusieurs jours, le pus est déjà formé et môme on peut supposer un commencement de carie si l’on n’a pas pu pratiquer une incision de bonne heure.

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