PRONOSTIC
La gravité du pronostic est subordonnée au degré de l’affection et en rapport avec la nature des complications orsqu’il en existe.
Le panaris de la première variété est en général une ma- : Rdie bénigne, insignifiante parfois, et qui guérit rapidement lorsqu’on la traite convenablement. Mais elle peut, [ ‘bandonnée à elle-même, traîner en longueur, amener la chiite de l’ongle ou déterminer un panaris sous-cutané ac- ' lompagné de ses complications les plus habituelles.
La deuxième variélé de panaris est une affection plus ■ érieuse. Aussi, lorsqu’elle occupe les deux premières pha- ;anges, la phlegmasie peut pénétrer jusque dans la gaine lies tendons ; si elle siège à la phalangette elle peut déterbniner la nécrose avec déformation inévitable du doigt ma- 1 ade. Quoique sérieux, ce dernier inconvénient se borne à mutiler le doigt sans nuire au jeu de l’organe, comme le ierait une inflammation de la gaine tendineuse. Mais il faut ( oujours redouter une autre espèce de lésion qui n’est pas sans importance : c’est la perte du tissu cellulaire sous-cutané jjui, en dénudant les extrémités terminales des nerfs, en les orivant de ce coussinet protecteur, rend le doigt extrêmement sensible et douloureux au moindre contact (obs. 9), à fa moindre pression.
11 n’est pas rare de voir le doigt, atteint de cette infirmité, aire en quelque sorte le paresseux pendant plusieurs mois, les années même, en restant étranger aux fonctions qu’exécutent les autres doigts. Ce n’est qu’au bout d’un temps indéterminé et à mesure d’exercices qu’il perd cette sensibilité accidentelle.
Nous venons de proclamer la gravité que présente le pronostic du panaris tendineux. C’est, sans contredit, la variété qui entraîne le plus de dangers. En effet, l’inflammation a généralement une longue durée et peut exposer le malade à des accidents immédiats par l’extension de la phlegmasie à une partie et même à toute l’étendue du membre supérieur, ou à des complications éloignées, par les lésions permanentes
qu’il peut laisser après lui. Parmi les premiers on pourrait citer les troubles généraux parfois très-graves, tels que le tétanos, l’infection putride, la fièvre purulcmte.... et comme désordres locaux ou voisins nous mentionnerons les adhérences tendineuses indélébiles, i’ex foliation des tendons, la flexion permanente des doigts et même de la main, la nécrose des phalanges, accidents qui compromettent toujours les fonctions des doigts et qui deviennent de véritables infirmités dans certaines professions, comme nous l’avons déjà fait remarquer.
Nous dirons, en somme , que le panaris tendineux du pouce et du petit doigt est, par ses dispositions anatomiques, le plus sujet à se compliquer de phénomènes généraux, à cause de fusées purulentes qui l’accompagnent.
Le pronostic du panaris périostique est toujours fâcheux, non pas qu’il compromette l’existence, mais parce qu’il entraîne presque constamment la perte de la phalange sur laquelle il s’est développé. C’est la variété de panaris qui a pour terme fatal le raccourcissement de l’organe frappé ou la difformité qui constitue le doigt en massue.
Enfin, nous terminons ce chapitre en disant que le pronostic de chaque variété de panaris s’aggrave singulièrement par l’addition de toute complication intercurrente et par une constitution diathcsique. La terminaison est presque toujours fatale lorsque, en cas de panaris compliqué d’un phlegmon de l’avant-bras ou de tout le membre supérieur, il survient une complication de coïncidence importante, c’est-à-dire une maladie intérieure grave, telle que dothiénentérie, embarras gastro-intestinal, accompagné d’un profond état adynamique — Les différentes diathèses (scrofules, syphilis, etc, etc — ) peuvent encore exercer assez d’influence pour modifier un proiiosiic; mais elles sont loin d’avoir l’importance des maladies aigues intercurrentes. Boyer va
'Squ’à placer la gale parmi les diathèses ; mais il est inutile ‘ dire combien le microscope nous a appris à faire justice cette opinion et de tant d'autres qui peuvent lui res-
imbler.