Y. MARCHE, DURÉE, TERMINAISONS
La marche du pannus varie principalement suivant les causes qui lui ont donné naissance. Chez les sujets lympathiques, scrofuleux, la maladie arrive progressivement à la suite de fréquentes répétitions d’ophthalmies, dont le caractère dépend de la constitution des malades. Chez eux, la marche du pannus est lente et chronique et ne s’arrête qu’après un temps souvent fort long. Quand, au contraire, la cause réside dans une irritation locale de la cornée, comme les granulations, le trichiasis, etc., le, pannus se produit ordinairement avec une certaine rapidité, en rapport d’ailleurs avec l’énergie de la cause et la vivacité de la réaction. En général, sauf le cas du pannus crassus, dont le développement est quelquefois assez prompt, le pannus affecte une marche essentiellement chronique.
Sa durée est illimitée et en rapport avec le traitement qu’on lui oppose. On peut avancer d’une manière générale, que le pannus abandonné à lui-même ne guérit pour ainsi dire jamais.
Le pannus se termine par le retour complet à l’état normal et la restitution intégrale du miroir de la cornée, ou par des ulcérations ou des cicatrices cle celle-ci; le plus souvent par un état chronique et une induration des produits épanchés, qui ne se dissipent jamais spontanément; enfin par le staphylôme.
Quelques auteurs pensent que le pannus peut se terminer parla dégénérescence cancéreuse de l’œil. Nous admettons avec eux que cette terminaison doit se présenter parfois chez les sujets affectés de la disposition au cancer.