‹ Du pannus et de son traitementChapitre 8 sur 17 · III. DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

III. DIAGNOSTIC

Il n’existe en réalité qu’une seule affection que l’on puisse, au premier coup d’œil, confondre avec le pannus C’est le ptérygion. Les auteurs anciens paraissent même ne point avoir suffisamment distingué ces deux affections, qu’ils confondent fréquemment dans leurs descriptions. Pierre Forest en donne cependant le caractère distinctif quand il dit (1): « Differt tamen pannus ab unguia: cum unguia seu pterygion neccooperit oculum nisi in forma sagittœ , zebel seu pannus cooperit totum oculum vel quasi totum instar panni rubei viscosi, etc. » C’est en effet sur cette forme, que le ptérygion revêt invariablement, que le diagnostic doit être basé. Le ptérygion est constitué par une membrane parcourue de vaisseaux, de forme triangulaire, appuyée par sa base sur un des angles de l’œil, le plus souvent sur l’angle interne, et dont le sommet gagne successivement la cornée jusqu’à atteindre le champ de la pupille. Cette forme triangulaire persiste toujours, et quand il existe deux, trois ou même quatre ptérygions, on ne cesse jamais de pouvoir la reconnaître. On peut soulever le corps entier du ptérygion au moyen de pinces, ce qu’on ne peut faire pour le pannus, qui adhère intimement aux tissus avec lesquels il est en rapport. Le pannus est toujours précédé d’une inflammation chronique, le ptérygion se manifeste sans cause connue. Ces points suffisent toujours au diagnostic.

La kératite ne peut guère être confondue avec le pannus; la marche aiguë de cette affection, les symptômes de réaction qui

(1) Loco citaio.

l’accompagnent, le cercle de vaisseaux sclérolicaux qui ne lui fait jamais défaut, en font une affection toute spéciale et aisée à différencier.

Néanmoins la kératite vasculaire scrofuleuse se termine assez souvent par le pannus, quand devenue chronique, elle repasse subitementà l’état sub-aigu. On les distingue l’une de l’autre par les signes suivants : Dans la kératite vasculaire chronique, l’injection conserve longtemps, souvent même pendant toute la durée de la maladie, son caractère partiel, fasciculaire, qui n’existe jamais dans le pannus. Dans celte dernière affection, les vaisseaux sont si rapprochés les uns des autres qu’ils troublent la transparence de la cornée et forment une sorte de couche qui en augmente l’épaisseur ; dans la kératite vasculaire, ils ne s’anastomosent point entre eux vers le milieu de la cornée, mais on remarque ce phénomène quand l’affection devient chronique. — La douleur cesse quand le pannus est formé; les autres affections de la cornée, au contraire, s’accompagnent presque toujours de phénomènes de réaction. — Enfin la kératite est de sa nature une maladie aiguë, dont le développement est prompt, et qui se résout parfois avec une rapidité dont la cure du pannus offre peu d’exemples.

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