‹ Du pansement antiseptique de Lister dans les opérations chirurgicalesChapitre 3 sur 31 · DES OBJETS EMPLOYÉS ET DE LEUR PRÉPARATION · texte numérisé non relu

DES OBJETS EMPLOYÉS ET DE LEUR PRÉPARATION

Pulvérisateur. — Le pulvérisateur est un instrument qui a pour but de réduire un liquide en une poudre fine, en le chassantavec force, par un jet d’air et de vapeur, du flacon où il est contenu, à travers un tube à ouverture très-étroite. L’appareil que nous avons vu fonctionner à Lyon $st sensiblement le pulvérisateur de Richardson. Il se compose d’un flacon rempli de la solution phéniquée. Dans ce flacon plonge un tube dont la partie supérieure, coudée, présente une ouverture fort étroite. Une autre ouverture placée en regard de celle-ci, mais d’une surface plus considérable, permet à l’air d’entrer. Un tube relie cette ouverture à une première boule en caoutchouc, qui joue vis-à-vis de l’air le rôle de réservoir. Une seconde boule, reliée à la première et présentant à sa partie postérieure une ouverture munie d’une soupape s’ouvrant de dehors en dedans, joue le rôle de soufflet. L’aide la comprime et la dilate tour à tour dans sa main.

On comprend facilement le mécanisme de cet instrument. L’ouverture de sortie doit être fort étroite pour que le liquide s'en échappe, non en pluie, mais en poudre très-ténue.

Comme la moindre impureté pourrait, à un moment donné, obstruer l’ouverture de sortie, il sera bon de fermer l’ouverture du tube qui plonge dans le liquide avec un linge à mailles serrées, et de filtrer avec soin la solution avant de la mettre dans le flacon. M. Lucas Championnière fait plonger dans le flacon plusieurs tubes coudés sous divers angles, ce qui offre l’avantage de donner au nuage une plus grande surface et d’assurer le jeu du pulvérisateur, dans le cas où l’un des tubes viendrait à s’obstruer pendant l’opération.

Le pulvérisateur que nous venons de décrire fatigue rapidement la main de l’aide chargé de le faire fonctionner. On peut remplacer la boule en caoutchouc par un soufflet que l’on fait mouvoir avec le pied. M. Lister remplace le courant d’air par un courant de vapeur.

Acide phénique . — Il faut apporter le plus grand soin dans le choix de cette substance. Telle qu’on la trouve dans l’industrie, elle est souillée de matières alcaloïdes et d’une foule de produits étrangers qui, augmentant sa causticité et son odeur, lui donnent des propriétés à la fois nuisibles et désagréables.

On ne doit employer que l’acide phénique cristallisé.

Solutions diverses. — Solution huileuse. — La solution huileuse dans laquelle on plonge les instruments à formes irrégulières est de 1 gramme d’acide pour 20 grammes d’huile.

L’huile ne laisse l’acide phénique se dégager que peu à peu.

La solution huileuse au même titre a une action plus permanente, mais moins énergique, que la solution aqueuse.

Solution aqueuse. — Lister emploie la solution forte, composée de 5 grammes d’acide dans 100 grammes d’eau, et la solution faible, contenant 2 grammes et demi d’acide pour 100 d’eau. Les pulvérisations sont faites avec la solution faible.

Protective. — Le protective est un taffetas gommé modifié. On le prépare de la façon suivante : on prend do la soie huilée, que l’on enduit sur ses deux faces d’une couche de vernis copal. Quand le vernis est sec, on recouvre les deux surfaces, à l’aide d’un pinceau, d’une mixture composée de sept parties de dextrine, de deux parties d’amidon pulvérisé et de seize parties d’une solution d’acide phénique dans l’eau, à 2 1/2 d’acide p. 100.

Gaze antiseptique. — Etoffe de tarlatane fine, que l’on recouvre d’un mélange en poids d’une partie d’acide phénique, de cinq parties de résine commune et de sept parties de paraffine.

L’acide phénique n’est abandonné que lentement par la résine, qui lui sert de véhicule. La paraffine a pour but de prévenir l’adhérence du pansement.

Catgut. — Le catgut (ou corde à boyau) est employé par M. Lister pour faire ses ligatures absorbables, qu’il coupe ras du nœud et abandonne ensuite dans *les tissus. Ces ligatures ne jouent pas le rôle de corps étrangers, ne provoquent pas de suppuration ; elles s’enkystent et sont résorbées. Voici comment on prépare lesfils :

La corde à boyau du commerce est plongée dans un mélange en poids de dix parties d’acide phénique dans une partie d’eau et cinq parties d’huile.

Le fil doit rester de quatre à six mois dans le mélange. D’abord il se ramollit et devient opaque ; puis il reprend sa fermeté et sa transparence, et l’on peut faire avec lui des nœuds très-solides et ne glissant pas. Plus l’immersion a été longue, et meilleur est le fil. Ce dernier serait mal préparé si l’on se contentait de le faire plonger dans une solution huileuse, sans ajouter la quantité d’eau indiquée.

Le makintosh est une étoffe de coton mince et revêtue d’une couche de caoutchouc. On s’en sert pour recouvrir le pansement. On se munira, en outre, de drains de divers calibres, de bandes, d’éponges, et enfin d’un irrigateur pour laver la plaie, lorsqu’on renouvellera le pansement.

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