‹ Du pansement des plaies par l'alcoolChapitre 12 sur 19 · DE L’ACTION DE L’ALCOOL SUR LES SURFACES SUPPURANTES · texte numérisé non relu

DE L’ACTION DE L’ALCOOL SUR LES SURFACES SUPPURANTES

Jusqu’ici nous n’avons étudié que des plaies pansées avec l’alcool depuis leur début jusqu au moment de leur cicatrisation. Mais il nous est souvent arrivé d’employer ce topique sur des surfaces suppurantes ou sur le point de le devenir, alors que quelque condition défavorable avait besoin d être combattue. Oi nous avons constaté une action vraiment utile : A, poui faire disparaître la mauvaise odeur des plaies rc-

centes et leur donner un bon aspect; B, pour diminuer l’abondance de la suppuration dans des décollements étendus; G, pourdéterger et modifier certaines plaies à marche lente et des ulcères atoniques. Examinons successivement chacune de ces propositions,

A. Les plaies de la face qui doivent suppurer, soit qu’un accident lésait produites, soit quelles proviennent de l’enlèvement de quelque lambeau autoplastique, sont de celles qui se trouvent bien de l’action désinfectante de l’alcool. Les plaies voisines des orifices des narines ou de la bouche ne tardent pas, sous l’influence du pansement simple ou à l’eau froide, de laisser écouler des liquides de mauvaise odeur. On comprend combien le malade doit en souffrir. L’application de l’alcool fréquemment renouvelée, dans les vingt-quatre heures, a toujours remédié à cet inconvénient, en diminuant la quantité de pus et en faisant disparaître la fétidité. Chaque fois que, par des dispositions particulières et inévitables, le liquide des plaies se trouve versé dans la bouche, s’il devient trop abondant ou fétide, le malade ne tarde pas à se trouver sous le coup d’une intoxication. Des lavages fréquents à l’alcool, et, quand la chose était possible, son application permanente sur la plaie ont rapidement fait disparaître les accidents qui commençaient à se déclarer.

Chaque fois qu’une plaie, pansée simplement ou pardes cataplasmes, avait pris mauvais aspect, que les bourgeons charnus, pâles et blafards, ne laissaient échapper qu’une suppuration demi-séreuse, nous avons eu recours au pansement par les alcooliques.

Jamais le résultat désiré ne s’est fait attendre. Bien tôt les bourgeons semblaient se rétracter en même temps qu’ils prenaient une belle couleur rosée. La suppuration, tout en diminuant de quantité, redevenait de bonne nature. Du reste, en pareil cas, tous les chirurgiens ont coutume d’employer le vin aromatique, un des remèdes de la vieille thérapeutique. Lelui-ci agit tout comme l’alcool, mais avec moins d énergie et d efficacité. Les malades opérées de tumeurs volumineuses du sein ont à la suite de vastes plaies à cicatriser. Dès les premiers jours elles se plaignent de la mauvaise odeur qui s’exhale de leurs pièces de pansement. Il nous a toujours été facile de les soustraire à ce supplice, souvent intolérable. Voici d ailleurs quelques faits qui viennent prouver l’excellence des moyens employés.

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