INTRODUCTION DU TRADUCTEUR. XVH
Mais écoulons encore de Maistre, homme du monde et homme de génie, profond politique et chrétien convaincu : « Il m'est prouvé, dit-il, et je voudrais de tout mon cœur le prouver aux autres, que sans le Souverain Pontife, il n'y a point de véritable christianisme, et nul honnête homme chrétien, séparé de lui, ne signera sur son honneur (s'il a quelque science) une profession de foi clairement circonscrite. ^ « — « Sans le Souverain Pontife, tout l'édifice du christianisme est miné ;2 „ car " le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife.' « Et en cela l'illustre défenseur du Pape est d'accord avec notre Saint Auteur, comme nous le verrons dans la suite de cette introduction et dans le corps même de ce volume; il ne l'est pas moins avec lj3 vénérable cardinal Bellarmin dans ces remarquables paroles : De quoi s'agit-il quand il est question de la primatie du Souverain Pontife? Je réponds en deux mots, qu'il s'agit de tout le christianisme; car c'est là une question de vie ou de mort pour l'Eglise ; en effet, priver l'édifice de son fondement, le troupeau de son pasteur, l'armée de son général, les astres du soleil, le corps de sa tète, n'est-ce pas renverser l'édifice, disperser le troupeau, mettre l'armée en déroute, obscurcir les astres, tuer le corps ? De qua re agitur, cum de primatu Pontifieis agitiir ? brevissime dicam, de summa rei christiance ; id enim quœritur debeatne Ecclesia diutius consistere, an vero dissolvi et con~ cidere; quid enim aliud est quœrere an oporteat ab œdificio fundamentum removere, a grege pastorem, ab exercitu imperatorem, solem ab astris, caput a corpore, quant an oporteat œdificium ruere, gregem dissipari, exercitum fundi, sidéra obscurari, corpus j a cere?*
Au surplus, il importe, à l'approche des grandes et solennelles assises de l'Eglise Catholique, dont l'annonce tient actuellement
(1) Du Pape, Disc, prélimin. § 1. (2) Ibid. § 3. (3) Ibid.
(4) De Rom. Pontif. Prœfat.