XXXVIII INTRODUCTION DU TRADUCTEUR
chrétiens zélés et fervents organisaient de saintes ligues de prières pour hâter l'heureux moment de cette définition solennelle ; plusieurs même s'astreignaient par vœu à défendre cette glorieuse prérogative de Marie, et de ce nombre étaient les (mfants de Saint Alphonse, qui s'y engageaient en vertu d'une disposition spéciale et formelle de leur Règle. Or, on a vu, dans ces derniers temps, la même ferveur se renouveler pour le triomphe de l'infaillibilité pontificale, et une formule de serment figurer à cet effet dans des publications périodiques ; tant il est vrai, que cette doctrine répond au besoin instinctif qu'éprouve tout vrai chrétien de croire à cet insigne privilège du Siège Apostolique. Au reste, notre propre intérêt y est engagé ; car c'est pour nous, et non pour lui, que le Pape est Pape ; c'est pour nous, et non pour lui, que le Pape est infaillible; et, comme le dit éminemment bien un éloquent prélat de nos jours, Monseigneur Berteaud, évêque de Tulle, « le Pape est infaillible, mais c'est pour que nous soyons infaillibles; s'il a le pouvoir de ne pas tromper, c'est que nous avons le droit de n'être pas trompés; son infaillibilité, c'est notre fortune, c'est notre gloire. ^ "
Enfin, nous rappellerons ici l'opinion du vénérable Bellarmin,2 d'après laquelle il faut ranger parmi les notes ou caractères qui attestent la vérité et la divinité de l'Eglise Catholique, la félicité, même temporelle, dont sont récompensés ses défenseurs, et les châtiments qui atteignent tôt ou tard ses persécuteurs.
Cette dernière vérité ne se réalise pas seulement en détail pour les particuliers qui ont osé porter à la tiare une main sacrilège, comme le constate la série des grands persécuteurs, dont les châtiments signalés sont assez nombreux pour avoir fourni à Lactance, Bellarmin, et bien d'autres, de quoi composer
1 Sermon prêché dans l'Eglise de S. Eustache, à Paris, le 19 novemb. 1864. (2) De Notifi Ecoles, c. 17 et 18.