CH. I. NECESSITE D UN CHEF SUPREME. ART. I
Que si, continue ce Saint Père, les fidèles lui obéissaient unanimement, conformément aux leçons données par Dieu, personne ne pourrait rien entreprendre contre le corps sacerdotal : Neque enim aliunde hœreses abortœ sunt aut nata sunt schismata, quam inde quod Sacerdoti Dei non obtemperatur, nec unus in Ecclesia ad tempus sacerdos et ad tempus judeoo vice Christi cogitatur; cui si secundum magisteria divina obtemperaret fraternitas universa, nemo adversus sacerdotum eollegium quidquam moveret. ^
C'est pour cela que, dans les Saints Evangiles, l'Eglise est comparée tantôt à un royaume où il n'y a qu'un seul roi ; tantôt à une bergerie où il n'y a qu'un seul pasteur ; tantôt à une armée où il n'y a qu'un seul général ; tantôt à une maison où il n'y a qu'un seul chef; tantôt à un navire où il n'y a qu'un seul pilote.
Telle fut aussi la constitution de l'ancienne Eglise, c'est-à-dire de la Synagogue, qui était régie par le Grand-Prêtre sous forme de gouvernement monarchique, lequel, d'après le sentiment com-
(1) Epist. 55, ad Cornel.
ment des chefs et des subordonnés; d'où il suit qu'il y a deux Ordres distincts dans l'Eglise universelle : l'Eglise enseignante et l'Eglise enseignée, l'Eglise qui commande et l'Eglise qui obéit, en un mot, le clergé et les fidèles, l'ordre clérical et l'ordre laïc. Mais l'ordre clérical lui-même se partage en différents degrés de pouvoirs et de fonctions, degrés qui constituent la Hiérarchie ecclésiastique. Cette hiérarchie, de même que le pouvoir de l'Eglise, se divise en hiérarchie d'Ordre, laquelle se perpétue par l'ordination, et comprend de droit divin, d'après l'institution même de Jésus-Christ, les évêques, les prêtres, et les ministres sacrés; et en hiérarchie de Juridiction, qui comprend proprement les évêques et le Pape, chef de l'Eglise. — Mais comme l'Eglise est composée d'hommes et non d'esprits célestes, il s'ensuit qu'elle doit nécessairement présenter un corps visible ; et si le corps est visible, le Chef doit l'être également. De plus, ce corps est un ; donc son chef doit hussî être un. Or, ce premier Chef un et visible a été Saint Pierre, choisi comme tel par Jésus-Christ en personne, et jouissant d'une prérogative spéciale, qui est le ooraplément et la sommet de la juridiction mentionnée ci-dessus, je veux dire la Primauté, ou la suprématie de rang parmi les Apôtres, et la suprématie de pouvoir et de juridiction sur l'Eglise universelle. Mais ces prérogatives n'ont pas été des dons purement personnels, attachés exclusivement à la personne : ce sont des droits inhérents à la charge même, et , par conséquent, nécessairement transmis^ibles à des successeurs. Or, les successeurs de Saint Pierre sont les Pontifes Romains, qui, comme lui, sont Chefs de l'Eglise et Evêques de Rome. Donc, les Papes jouissent, par droit de succession, des mêmes prérogatives divines que Saint Pierre, de la même Primauté ou puissance suprême sur l'Eglise universelle, puissance qui doit être transmise à perpétuité de successeurs en successeurs.
Le traducteur.
O r'' TRAITÉ. — LE SUPRÊME PONTIFICAT, ETC.
mun des savants, est le meilleur de tous les gouvernements. * Or, on ne peut pas croire que Jésus-Christ ait voulu témoigner plus de sollicitude pour la Synagogue, qui devait être répudiée après son avènement, que pour l'Eglise, son épouse, qu'il ne devait jamais délaisser.
ARTICLE II