‹ Du Pape et du Concile ou Doctrine complète de s. Alphonse de Liguori sur ce double sujetChapitre 22 sur 138 · XXII INTRODUCTION DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION DU TRADUCTEUR

et comme nous l'avons fait remarquer, il s'y prononce d'une manière catégorique, sans assigner de limite à la puissance du Pontife Romain dans sa primauté d'honneur et de juridiction. De plus, non content d'avoir traité les plus importantes questions sur l'autorité pontificale dans des écrits spéciaux de polémique religieuse, il ne craint pas de se détourner de sa route dans la marche régulière de sa Théologie Morale, comme il le dit lui-même, en y insérant une Dissertation purement dogmatique; et il allègue pour motif, que c'est l'importance de cette question « si célèbre et si vivement agitée de nos jours, celeberrima quæstio et hoc tempore tam fortiter agitata, » qui l'a déterminé à cette combinaison apparemment irrégulière. Il voulait évidemment insinuer par là à tous les théologiens combien la double these qu'il développe dans cette Dissertation, est capitale, magni ponderis, non-seulement par son importance intrinsèque, mais au point de vue spécial de la foi. C'est” pourquoi il dit ailleurs, après avoir cité quelques phrases bien significatives du savant Melchior Cano : « On voit par ce passage, combien il est important pour la foi d'établir solidement la question de l'infaillibilité du Pape dans ses définitions.! » Et combien de fois ne répète-t-il pas sous diflérentes formes cette idée fondamentale et essentiellement vraie, que sans un juge infaillible il n'y a plus d'unité de foi possible dans l'Eglise, et que, par conséquent, sans lui l'œuvre du Sauveur serait fatalement compromise et même vouée à une ruine inévitable* Mais, à un point de vue plus large, Saint Alphonse, comme le remarque son dernier biographe, « défendait avec d'autant plus de zèle l'autorité pontificale, qu'il savait qu'elle est la seule qui s'oppose aux erreurs que l'on cherche à répandre sur le dogme, la morale, le droit canonique et civil, l'histoire ecclésiastique et profane, la philosophie, la politique, la médecine,

(1) Ier Traité, ch. IV. art. 1, page 147.

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