CH. II. LES PAPES, SUCCESSEURS DE SAINT PIERRE. ART. I
sion des évêques : Roma fundata... Ecclesia habet ab Apostolis traditionem, et annunciatam hominibus fidem per successiones episcoporum pervenientem usque ad nos.!
‘Saint Ambroise? et Saint Jérôme* disent la même chose.
Ecoutons Saint Optat de Milève, exprimant la même vérité avec encore plus de précision: Vous ne pouvez nier, dit-il à Parménien, un fait que vous connaissez très-bien : c'est que la chaire épiscopale érigée dans la ville de Rome, a été occupée d'abord par Pierre, et qu'il s'y est assis comme chef de tous les Apôtres; Lin a succédé à Pierre, Clément a succédé à Lin, et ainsi de suite : Negare non potes scire te in urbe Roma Petro primo cathedram episcopalem esse collatam, in qua sederit omnium Apostolorum caput Petrus...; Petro successit Linus, Lino Clemens, etc.*
Saint Athanase écrit en ces termes au pape Saint Mare : Nous désirons recevoir par l'autorité du Siége sacré de votre Eglise, laquelle est la mère et la tête de toutes les Eglises, ce qui a rapport à la correction et au soulagement des fidèles : Optamus ut a vestræ Sanctæ Sedis Ecclesia auctoritate, que est mater et caput omnium Ecclesiarum, ea ad correctionem et recreationem fidelium percipere, etc.
Quelle consolation pour nous, dit Bossuet, de pouvoir remonter du Pontife actuel jusqu'à Saint Pierre, qui a été établi par Jésus-Christ!
Ecoutons encore ce que l'empereur Valentinien écrivait à Théodose : Il appartient au très-saint Evêque de Rome, à qui l'antiquité a attribué la principauté du sacerdoce,* de décider les questions qui concernent la foi et les prêtres : Beatissimus romane civitatis Episcopus, cui principatum sacerdotii super
(1) Adv. Hæres. 1. 3. c. 3.
(2) Orat. funeb. de obit. Satyr. n. 8.
(3) Apotog. adv, Rufin. 1. 1.
(4) De Schism. Donatist. adv. Parmen. 1. 2. c. 2.
(5) Epist. ad Marc. pap.
{* Saint François de Sales emploie la même expression dans une lettre qu'il
adressa, sous la date du 4 février 1597, au pape Clément VIII: « Nous reconnaissons dans Votre Béatitude la principauté du sacerdoce, etc. » Le traducteur.
omnes antiquitas contulit, locum habeat de fide et sacerdotibus judicare.!
Et avant cet empereur, Constantin le Grand avait dit, comme le constatent les Actes du Concile de Nicée, que c'est à Rome que l'Empereur céleste avait établi la principauté du sacerdoce et la tête de la religion: Rom@ principatum sacerdotum et religionis caput ab Imperatore cœlesti constitutum esse.
Mais écoutons maintenant ce que disent les ConciLEs, et voyons quelle idée ils ont du Siége Apostolique.
Dans le IV® Concile de Constantinople, nous lisons ces paroles : Désirant ne nous écarter en aucune manière de la doctrine et de la foi de ce Siége Apostolique, et suivant en tout les Constitutions des Pères et surtout des Saints Pontifes de ce même Siége Apostolique, nous anathématisons toutes les hérésies, etc. : Ab hujus ergo Sedis Apostolica fide atque doctrina separari minime cupientes, et Patrum ac pracipue Sanctorum Sedis Apostolicæ praesulum sequentes in omnibus constituta, anathematizamus omnes hareses.® Et à propos du même Siége Apostolique, le Concile ajoute un peu plus bas : C'est en lui que se trouve l'entière et véritable solidité de la religion chrétienne : In qua (Sede) est integra et vera christianæ religionis soliditas.3
Dans le 1e" Concile de Nicée, nous lisons ces paroles : Celui qui occupe le Siége de Rome, est le chef et le prince de tous les Patriarches; car il tient le premier rang comme Saint Pierre, à qui a été donnée la puissance sur tous les princes chrétiens et sur tous leurs peuples, de sorte qu'il est le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour régir tous les peuples et toute l'Eglise Chrétienne; et quiconque soutient le contraire, est excommunié par le Concile : Ille qui tenet Sedem Rome, caput est et princeps omnium Patriarcharum, quandoquidem ipse est primus sicut Petrus, cui data est potestas in omnes principes
(1) Inter preamb. Conc. Chalcedon. n. 25. Edit. Lab». (2) Act. I. (Cott. reg. t. 23.) (3) Ibid.