‹ Du Pape et du Concile ou Doctrine complète de s. Alphonse de Liguori sur ce double sujetChapitre 52 sur 138 · CH. IT. LES PAPES, SUCCESSEURS DE SAINT PIERRE. ART · texte numérisé non relu

CH. IT. LES PAPES, SUCCESSEURS DE SAINT PIERRE. ART

christianos et omnes populos eorum, ut qui sit Vicarius Christi Domini nostri super cunctos populos et universam Ecclesiam Christianam; et quicumque contradixerit, a Synodo ercommunicatur.?

Et dans le Concile de Rome, tenu sous Adrien II, il est dit : Dans les temps passcs, tandis que les hérésies et les crimes se multipliaient, les successeurs de Pierre dans le Siége Apostolique ont constamment extirpé ces plantes nuisibles et cette pernicieuse ivraie : Retro olimque semper, cum hareses et scelera pullularent, noxias illas herbas et zizania Apostolica Sedis (Romana) successores extirparunt.*

Et dans le Concile de Florence, on lit ces paroles : Nous définissons également que le Saint Siége Apostolique et le Pontife Romain sont investis de la primauté sur le monde entier; que ce méme Pontife Romain est le successeur du Bienheureux Pierre, prince des Apôtres; qu'il est véritablement le Vicaire du Christ et le Chef de toute l'Eglise; qu'il a recu de Notre- Seigneur Jésus-Christ, dans la personne du Bienheureux Pierre, le plein pouvoir de paitre, régir, et gouverner l'Eglise universelle : Item definimus Sanctam Apostolicam Sedem et Romanum Pontificem in universum orbem tenere primatum, et ipsum Pontificem Romanum successorem esse Beati Petri, principis Apostolorum, et verum Christi Vicarium totiusque Ecclesiae caput..., et ipsi in Beato Petro pascendi, regendi, et gubernandi universalem Ecclesiam a Domino nostro Jesu Christo plenam potestatem traditam esse?

De plus, dans le Concile de Constance, on condamna la proposition 37° de Wicleff, laquelle était ainsi conçue : Le Pape n'est pas le Vicaire immédiat et prochain de Jésus-Christ : Papa non est immediatus et proximus Vicarius Christi. Ce Congile

(1) Can. 89. (Cou. reg. t. 2.) (2) Sess. ult. Def. — Labo. p. 2. cor. 22. (3) Sess. 8.

(*) Il parait assez probable que ces paroles ne sont pas proprement celles du Concile de Rome tenu sous Adrien II. Mais le sens de cette phrase se trouve dans la lettre que Saint Ignace de Constantinople écrivit à Adrien, et qui fut lue au IVe Concile de Constantinople, ou VIIIe cecuménique, Acte 3e. (Voir Coilect. Meg. t. 23. p. 188 ) Au reste, ce Concile de Rome n'existe plus qu'en substance.

Le traducteur.

approuva en outre la lettre de Martin V, par laquelle il prescrivait d'interroger les gens suspects d'hérésie, en leur demandant « s'ils croyaient que le Pape est le successeur de Pierre, avec l'autorité suprême dans l'Eglise de Dieu : » Utrum credant quod Papa sit successor Petri, habens supremam auctoritatem in Ecclesia Dei. On voit par là que le Pontife Romain a toujours été reconnu pour successeur de Saint Pierre, et, par conséquent, pour Vicaire de Jésus-Christ et Chef suprême de l'Eglise.*

Or, qui pourrait s'imaginer que, dès les premiers temps, les

(1) Sess. 45. Butta « Inter cunctas. + (Col. reg. t. 29.)

(*) On pourrait compléter cette série de témoignages émanant des Conciles, en citant quelques-unes des paroles di saint Concile de Trente, le dernier œcuménique : il considère le Pape comme le Vicaire de Dieu même sur la terre : Ipsius Dei in ferris Vicarius (Sess. VI. De Reform. cap. 1); — comme possédant l'autorité du Siége suprême : Supreme Sedis auctoritate, etc. (ibid.); — comme étant chargé de l'administration de l'Eglise universelle : Cum universalis Ecclesiæ administratio nitatur, etc. (Sess. XXV. cap. 1); — comme investi du pouvoir supréme dans l'Eglise universelle : Pro suprema potestate sibi in Ecclesia universa tradita (Sess. XIV. De Peenit.cap.7); — comme le Pontife suprême à qui tous les Patriarches, Primats, Archevéques, Evéques, doivent la promesse et la profession d'une vraie obéissance : Veram obedientiam Summo Romano Pontifici spondeant et profteantur (Sess. XXV. De Reform. cap. 2).

On connait les pages aussi attrayantes que solides qu'un des auteurs les plus justement renommés de ces derniers temps, l'illustre comte Joseph de Maistre, a écrites sur la suprématie pontificale (Du Pape, liv. I. ch. 6 et suiv.). Il fournit, en faveur de la suprématie romaine, non-seulement les témoignages unanimes des Eglises d'Orient et d'Occident, mais encore les témoignages particuliers de l'Eglise gallicane, du parti janséniste, du protestantisme, de l'Eglise russe et de l'Eglise grecque; et à cette occasion, il cite quelques noms propres qu'il est bon de relever, tels que ceux de Bossuet, Fleury, Pascal, Luther, Calvin, Mélanchthon, Grotius, Maller, Bonnet, ete. Nous ne résistons pas au plaisir de citer ici quelques lignes de l'éminent défenseur du Pape. Voici comment il s'exprime, dès le début, sur la suprématie du Souverain Pontife : « Rien dans toute l'histoire ecclésiastique n'est aussi invinciblement démontré, pour la conscience surtout qui ne dispute jamais, que la suprématie monarchique du Souverain Pontife. « (Chap. 6 } — « Pour nous, la primatie du Souverain Pontife est précisément ce que le système de Copernie est pour les astronomes : c'est un point fixe dont nous partons ; qui balance sur ce point, n'entend rien au Christianisme.» (Ibid.) — Et après avoir cité un bon nombre de témoignages, il ajoute : « Cette suite d'autorités, dont je ne présente que la fleur, est bien propre sans doute à produire la conviction ; néanmoins, il y a quelque chose peut-être de plus frappant encore : c'est le sentiment général qui résulte d'une lecture attentive de l'histoire ecclésiastique. On y sent, s'il est permis de s'exprimer ainsi, on y sent je ne sais quelle présence réelle du Souverain Pontife sur tous les points du monde chrétien. Il est partout, il se méle de tout, il regarde tout, comme de tous côtés on le regarde.- (Chap. 8.) Enfin, disons avec l'illustre auteur (chap. 6.) et le grand évêque de Genève (Lettres spirit. liv. VII. Let. 57. Lyon, 1634.) : = L'Eglise et le Pape, c'est tout un! - Le traducteur,

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