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ARÉ60IRE IX ET INNOCENT IT

liCs Pap«)i frûquemoMmt expuMs de Rome. — Ctiu« de l’antipaüjie de» RomaiDe contre les Pontifes. — Formes paternelles de l’autorité des Pontifes. — Intérêts placés derrière le système pontifical. — Frédéric 11 i l’Empire. — Embarras et responsabilité qu’il y rencontre. — Grégoire IX l’eicommunie et prononce sa déposition. — Frédéric entre à Jérusalem et s’y couronne lui-méroc roi. — Il impose la paix au Pape.

— Intrigues du Pape contre l’empereur, et manifestes de celui.ci aux reis de l’Europe. — Le droit public se personnifie dans Frédéric, appelant les autres souTorains A la solidarité. — Avènement d’innocent IV.

— Ce Pape convoque un concile à Lyon, et prononce la déposition de l’empereur. — Compétence du concile reconnue. — La Papauté feint de vouloir l'indépeudance de l’Italie. — Poursuites furieuses d Innocent IV contre Frédéric. — Importance du concile de Lyon. — Théorie do droit de Juridiction internationale, à l'occasion de ce concile. — Les souverains Justiciables du concile depuis les successeurs de Charlemagne. — Regrets donnés par quelques auteurs i la chute de l’autorité pontificale. — Incapacité radicale de la Papauté comme Juridiction des États.

— Néceasité d’une Juridiction internationale. — Le progrès du droit public tend A réaliser une semblable institution. — L’antiquité et les nations modernes Jnsliflée» d’une accusation de Joseph de Maistre.

Une observation, qui ne doit pa» trop étonner, a pour objet le peu d’affection et d'égards dont jouissaient k Rome les Pontjfes, en même temps que leur autorité se montrait si grande dans toute la chrétienté d'Occident. Innocent III n’nvait pu rentrer dans la ville et s’y main-

tenir qu’à la faveur de la force étrangère , et en prenant pour habitation le fort Saint-Ange. Ses successeurs n’y reçurent pas un meilleur accueil. Dans l'espace des quatre-vingt-dix-huit ans qui suivirent la mort d’innocent, c’est-à-dire jusqu’au pontificat de Benoît XI, treize Papes sur dix-neuf élus ajoutèrent leur nom à la liste de ceux qui s'étaient déjà vus obligés de fixer dehors leur résidence, à partir de Grégoire VII.

Faut-il attribuer une telle instabilité du Saint-Siège à ce que les Romains étaient des serpents et desicorpiorw, comme il a été dit? Ce serait condamner la Papauté au lieu de la défendre; car on serait en droit de lui demander comment, avec la prétention de moraliser Tanivers entier, elle n’avait pu discipliner le peuple le plus rapproché d'elle, et le mieux placé pour entendre ses leçons et mettre à profit ses exemples. 11 est plus naturel et plus juste , croyons-nous , de penser que le peuple romain , recueillant de temps à autre , dans les ruines d'un passé illustre , des souvenirs d'indépendance et de graiideitr, ne pouvait se résoudre à supporter une domination dont il voyait clairement l’inanité politique et l'incapacité administrative.

Car il convient de le reconnaître, l’autmrité des Pmitifes n’était pas plus rigoureuse qu’une autre de la même époque ; elle avait, au contraire , des formes paternelles qu’on eût vainement cherchées ailleurs et qu’elle retenait de la primitive Église, avec son caractère pénitentiaire. Elle menaçait toujours avant de frapper, et donnait souvent un délai assez long à ceux qu’elle jugeait coupables pour s’amender et rentrer en grâce avec elte. B n’est guère d’exemples d'excommunication qui D'aienl été précédés d'avertissements et même de supplications

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