‹ Du PapeChapitre 114 sur 192 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

propres à prévenir les rigueors d’tm acte semblable; 1m décrets des ooocUes étaient formels à cet égard. Mais le système pénUentiaire de l’Église primitive s’adressait < uniquement à des adeptes, en vue d’une action discipli> naire propre à faire leur Question religieuse. L'Ëgiiae n’avait pas d’autre prétention que d'ébaucher, par une juridiction toute paternelle, l’édacatioa chrétienne de l’individu ; tandis qne la Papauté entendait appliquer le même système an gouvernement des nations, et le substituer à tout droit politique et civil. Là résidait la dififérence entre l'Église des premiers temps et la Papauté. D’ailicnrs, on le sait, le syst^ne pénitentiaire, poussé trop loin et égaré, dès le in* siècle, dans les voies de l'asoétisme et du quiétisme, avait porté une profonde atteinte aux institutions de l’Empire, démoralisé son armée , son administration , et , en énervant sa puissance organique, amené sa efaote. Fallait-il le faire revivre dans le gouvernement des sociétés modernes? Vouloir appliqua au gouvernement des peuples la juridiction purement sentkneataJe de la famille ou de l’association religieuse, n’ est-ce pas comme si l'oa voulut conduire l'bomme adulte par les mêmes moyens que l’enfant, et pourrait-on y parvenir sans énerver sa virilité morale? Un tel système, nous l'avons dit déjà, se posait Ml face du prinoipc le plus vital du génie humain, et le pins ins^arable de sa nature progressive, la liberté.

Cependant la Papauté , par cela même qu'elle avaU présenté son sy^ème comme divin et absedu, ne pouvait rien y changer. U fallait qu'elle luUàt contre toutes les forces expansives de l'humanité pour on arrêter le développement et le limiter aux' proportions de cette

juridiction élémentaire. Une telle lutte était pour son pouvoir, à Rome comme ailleurs, une question d'exis^ tence et un souci d’autant plus actif que la question religieuse couvrait des intérêts immenses et d'une grande vitalité. Qu’on se rappelle avec quelle énergie les cardinaux et les prélats protestèrent lorsque le Pq>e Pascal II voulut les faire renoncer à leurs positions ducales et princières par la convention de Sutrü... Aussi la Papauté combattait-elle sans relâche, et si elle affectait les airs paternels tant qu’elle n’était point contratriée , elle n'en était pas moins capable de se porter au dernier paroxysme de l’irritation, comme nous l’avons vu, dès que son pouvoir et ses intérêts lui paraissaient menacés. Les Romains, avec leur sagacité native et le sens positif commun à la race italienne, voyaient de près les mobiles de l'autorité pontificale, et tel est, croyons-nous, le motif pour leq el ils répugnaient constamment, comme l'Italie entière, au gouvernement sacerdotal, tandis que les peuples éloignés de la résidence pontificale s’inclinaient devant lui, croyant y voir en réalité un pouvoir divin ; tant il est vrai que la distance grandit les objets que la superstition présente aux esprits.

Mais ce n’est pas dans les débats stériles et incessants de la Papauté avec les Romains que réside le grand intérêt de l'histoire. Son duel avec les puissances politiques est loin d'étre terminé; nous touchons, au contraire, à une période où il augmente à la fois d’énergie et de solennité. Frédéric II avait été élevé dès l’enfance au palais du Vatican, où l'avait pris Innocent III, et ce Pontife, en excommuniant Othon IV, avait désigné son jeune pupille pour lui succéder au trône impérial. Le

Page 1