‹ Du PapeChapitre 130 sur 192 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

de Médicis dans une église, le poignard à la main, et ce dernier est tué. La république envoie aux puissances la preuve irrécusable que le Pape a été l’instigateur du complot des Pazzi; celui-ci s'cii justifie en jetant l’interdit sur la république et en excitant contre elle, à titre de croisade, tous les condottieri de la Romagne et l'armée du roi de 'Naples, considéré comme vassal du Saint-Siège. Milan veut, ainsi que Florence, soutenir la cause des petits États; Sixte fait descendre en Italie les Suisses, le seul peuple que les Papes n’y eussent pas en<;ore appelé.

Ce fut sous le pontificat de Sixte IV que l'inquisition prit eii Espagne un caractère plus cruel encore que celle qui avait été établie en France par ordre d'innocent III contre les Albigeois. Dans l'espac;e de quatre ans, les inquisiteurs y firent brûler deux mille personnes. Un nombre beaucoup plus considérable périt dans les cachots. Ceux qu’ils traitèrent avec indulgence furent marqués d’un fer rougi sur la poitrine et sur les épaules, déclarés infâmes ainsi que leurs enfants, et dépouillés de tous leurs biens dont profitaient les bourreaux. Ce fut un prieur fanatique, Thomas Torquemada, qui commença cette série de persécutions sanguinaires qui épuisèrent l’Espagne et n'ont entièrement cessé qu’ù l’arrivée des Français, en 180'J. Ces inquisiteurs dominaient par la terreur qu’ils répandaient, et étaient aussi souverains que les rois d'Espagne eux-mêmes, qui, à vrai dire, leur donnaient cordialement la main. L’inquisition était devenue la religion. Dieu, dans l’argot mystique des familiers du saint office, signifiait l’inquisiteur-général. Torquemada, qui avait pris ce titre, avait une troupe de moines qu’il appelait la milice du

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