CHAPITRE XIV
sécher les Marais-Pontins, dont la traversée aujourd’hui porte la mort aux voyageurs.
La culture dans l’empire romain excitait au plus haut degré l’attention du gouvernement. La plupart des plantes et des fruits que nous voyons croître en Europe sont des productions exotiques qu’il transporta dans nos contrées. 11 étendit la culture du raisin en Gaule et en Italie ; l’abricot, la grenade, l’oranger, le citronnier, furent apportés en Italie; l’olivier fut planté en Afrique, en Espagne et dans la moitié méridionale de la Gaule. La culture du lin arriva d’Égypte et se répandit généralement; l'usage des prairies artificielles s'introduisit en même temps, surtout en Italie. A Rome, dès le temps de la république, la terre était cultivée par les propriétaires eux-mêmes, et cette époque a été la plus florissante assurément pour l'agriculture ; on s’honorait du travail des champs, et c’est à la charrue qu’on allait chercher tes consuls. On peut juger du caractère et de la tendance civilisatrice de la grande époque romaine par les écrits qui nous sont restés sur ces matières et qui portent tous l’empreinte de l’hommage que les esprits les plus éminents en politique rendaient aux diverses branches de l’économie, propres à alléger le fardeau des peines humaines. Les lettres de Pline, l’éloquente prose de Cicéron, les vers de Virgile et d'Horace ont unanimement célébré ces arts; et ceux qui, de nos jours, liront encore Columelle et Varron, trouveront dans leurs ouvrages spéciaux de curieuses et utiles instructions agricoles.
Sous l’Empire, on cherchait et on exploitait toutes sortes de mines dans tous les pays. Une activité toujours croissante était imprimée au commerce. Les forêts
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de la S('\Uiifi tbnriiissaionl des tbumircs précieuses; on taisait comiailro les valeurs d'écluuipe aux peuples encore sauvages de la Baltique en aclielanl leur ambre. Les tapis venaient de Bahylone, ainsi que d'autres précieux ouvrages. C'était avec l'Arabie et l’Inde que se faisaient les échanges les plus considérables. On allait par la mer Rouge jusqu’à l'ile de Ceylan et à la côte de Malabar. Des chameaux transportaient les marchandises et les voyageurs depuis l'isthme de Suez au fleuve du Nil. On arrivait à Ale.\andrie, et de là on partait pour Rome sur des vaisseaux. Les objets précieux constituaient surtout le commerce d'Orient : c’étaient des soies, des pierres précieuses, des perles, des diamants, différentes espèces d’aromates et tout ce qui avait rapport au luxe le plus exquis*.
Le crédit était organisé à Rome et dans les villes de l’Empire par des banquiers qui correspondaient entre eux. Le papier-monnaie, c’est-à-dire la circulation des billets de banque et de commerce, était chose connue : « C’est aux banquiers, dit Pollion, que nous sommes dans l’usage de confier notre fortune. Nous déposons chez eux l’argent que nous ne voulons pas garder dans nos maisons, et le paiement de nos dettes s’effectue en donnant sur eux une assignation. Nos banquiers font aussi des affaires pour leur propre compte en faisant circuler des billets les uns sur les autres, et trouvent en cela le moyen de multiplier les capitaux. Les citoyens qui ont besoin d’argent sont assurés d’en trouver chez eux moyennant responsabilité*. »
' Gibbon, Histoire de la décadence.
* Mémoires de Pollion.