‹ Du PapeChapitre 148 sur 192 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

liliquemcnt parlant, puisque, quant à l’Église, je cro» fermement, comme catholique, que les portes de l’enr fer non pravalebunt advermu eam. •

Dépêches du cardinal de Bemis.

— 4 di-cemhre.

« Un des plus grands sacrifices que je puisse faire au roi, est de résider dans une cour où le secrétaire d’État , quoique honnête homme , n’a pu se rendre maître de la confiance du souverain ; où le Pape, environné de gens qui briguent sa confiance, n’ose l’accorder entièrement à personne ; où tout est mystère, secrets , manèges , jalousies et soupçons comme dans les cloîtres et les séminaires... >

fî79. — 20 janvier.

« La Dalcria est une espèce de bureau où l’on

vend et négocie les grâces que le concile de Trente a déclaré devoir être accordées gratis.' — Un Pape qui aurait à cœur l’itonneur du Saint-Siège mettrait fin à cet agiotage peu honorable ; mais comme il y aurait beaucoup à perdre pour la chambre apostolique , et pour une infinité de particuliers, il ne faut pas espérer qu’aucun Souverain-Pontife ait le courage d’exécuter

cette bonne œuvre Quand on veut s’édifier, il faut

aller aux églises et aux prières des quarante heures ; mais il faut bien se garder d’approfondir ni les mœurs du pays, ni les procédés, ni la manière d’administrer la justice, et de conférer les bénéfices et les places les plus importantes. On risquerait alors, si ou n’était pas bien ferme sur les principes, d’ébranler sa foi ou, du moins, de pe’’dre l’idée avantageuse qu’on pourrait

472 I»C I-APJ;,.

avoir de la cour dL*s successeurs de saini Pierre

On croit ici que les cours catholiques ne font que

leur devoir quand elles favorisent la cour de Rome, et qu’elles y manquent quand elles n'obéissent pas aveuglément à tout ce qu’elle prétend ou qu’elle croh être en droit de décider. L’habitude de voir ces choses ne m’empêche pas d’en être souvent révolté. Je n’ai pas à me reprocher de ne l’avoir pas fait sentir, mais le mal est incurable. Je me borne donc à tirer le meilleur parti possible d'un pays où le pharisaïsme, s’il m’est permis de me servir de ce terme, règne plus que partout ailleurs. >

1782.— 31 juillet.

» L’aigenl manque, les denrées sont au plus haut prix, et les entreprises dispendieuses ne sont pas interrompues. Des voix séditieuses s’élèvent dans les rues, au passage de Sa Sainteté ; la plupart des cardinaux et des prélats qui l'approchent n’osent lui dire la vérité, et son secrétaire d'Etat se contente de gémir avec quelques amis affidés. Cette situation deviendi a de jour en jour plus critique, et je crains bien que le rigne de Pie VI ne finisse par lui coûter bien des larmes ; mais le mal sera fait, et il deviendra peut-être irréparable >

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