‹ Du PapeChapitre 149 sur 192 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

n’empéche pas les étrangers de visiter en foule cette capitale du monde, qui touche de si près à sa ruine «

Dépêche de M. de Blacas.

t mai ISIS.

« Trois divinités puissante.î, la vaml^, l’argent,

la peur gouvernent depuis plusieurs siècles ce pays-ci (Rome). 11 ne sert à rien d'y parler raison. Quant à l'indépendance italienne, les Italiens ne feront que désirer et parler. Il faut une puissance qui agisse pour eux. Mais il est certain que si les Italiens avaient une puissante alliée, ils secoueraient un joug qu’ils détestent. »

Dépêche de M. de Damas.

12 février 4827.

« Si l’administration romaine n’est au niveau ni

des circonstances ni du plan de conduite qu’elles demandent, il ne nous reste plus qu’à faire des vœux pour que le Saint-Siège soit un peu mieux servi par les événements que par .sa propre prudence «

Dépêche de M. de Chateaubriand.

16 avril I82«.

• On prend pour des conspirations ce qui n'est

que le malaise de tous, le produit du siècle, la lutte de l’ancienne société avec la nouvelle, le combat de la décrépitude des vieilles institutions contre l’énergie des jeunes générations, enfin la comparaison que chacun

fait de ce qui est et de ce qui pourrait être Si

quelque impulsion venait du dehors, si quelque prince en deçà des Alpes octroyait une charte à ses sujets, une révo-

DU PAPK.

lutüm aurait lUu, parce que tout ett mûr pour céttc révolution' »

Voici d'autres témoigiia^jes officiels qui sortent d'une source parfaitement sympathique au Saint-Siège, la police secrète de l’Autriche en Italie. Ce sont des rapports trouvés dans les Carte segrete ed aili ufficiali, à Milan, et à Venise, après l’expulsion des Autrichiens en 1848, et publiés par M. Rendu.

1822. — Rapport (U’ novembre.

» Rome est à présent, on peut l’assurer, au spi-

rituel, le foyer de la démoralisation ; au temporel, celui du désordre. Les habitants sont enclins à la superstition plus qu’à la vraie religion. Dans ce gouvernement de cardinaux, de prélats, de prêtres, la politique est un jeu continuel de pharisaïsme et de machiavélisme. L'économie sociale n’est qu’un humiliant désordre. Les contrats passés par le gouvernement n’inspirent aucune confiance, parce que, une fois stipulés, si on trouve quelque avantage à les anéantir, on les annule par un décret pontifical et on en change les conditions au détriment dos contractants. Les finances sont plus mal conduites qu’on ne peut le dire. L'infidélité des ministres et leur Impéritie font dans le trésor des vides considérables Dans tout l’État pontifical la justice est vendue ouvertement Les attaques des

brigands sont continuelles »

* Ces diverses pièces diplomatiques ont élé tirées de la chancellerie (les alTuires étrangères et présentées au Sénat par le prince Napoléon-Jér(ime dans la séance du 1" mars 1802. On les reti-ouve, in extenso, dans la brochure publiée par M. Hubainc, secrétaire particulier du prince, sous le litre : la Papauté temporelle jugée par la diplomatie fi-ancaise (1862).

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