‹ Du PapeChapitre 150 sur 192 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Rapport du 8 juin 18^5.

« L’agitation est extrême, ce ne sont qu'invectives contre les gouvernements légitimes Il faut attri-

buer ce désordre à l’insuffisance du gouvernement papal. Les bons et pacifiques citoyens se plaignent hautement de ce gouvernement, qui, malgré les impôts énormes qu’il prélève sur eux, ne sait point les protéger, et ils se demandent s'ils ne prendront point 1e parti d’émigrer. •

Rapport du 8 juin 1824.

« A part les légions de prêtres, de frères et de vieux fanatiques, les populations non-seulement sont froissées, mais indignées et irritées contre le régime actuel. Je me suis appliqué a rechercher les causes d'une telle situation, les voici :

Les lois nouvelles qui restreignent dans les plus étroites limites la liberté de la vie quotidienne ;

L’inquisition en vigueur dans toute l’étendue de l’État, et se donnant carrière sans aucune entrave ;

La confiance sans bornes accordée aux carabiniers (gendarmes), qui peuvent faire des arrestations sur un simple soupçon ;

L’aggravation de l’impôt ;

Une administration sévère et dure ;

Un système qui tend à faire vivre de force les hommes de toute condition en moines et non en citoyens :

Voilà ce qui provoque le dégoût populaire et pousse les choses au point que, plutôt que de vivre dans une telle contrainte, on passerait volontiers sous un autre régime quel qu’il fût. »

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476 i>u l’APK.

Rapport sur Caâmiinstratian du cardinal Patotta dans la Romagnc.

• Pour donner un témoignage de son omnipotence, il a exilé de la ville des dames parce que, s’occupant de musique, elles troublaient son repos Les bri-

gands mettent le pays à sac ; ils enlèvent les jeunes enfants pour forcer les familles à les racheter. L’exaspération est telle contre le cardinal Palotta, qu’on a craint un soulèvement général contre le gouvernement A Rome, quand on aurait besoin d'un sys-

tème régulier et stable d'administration, qui fît disparaître les abus et augmenter la prospérité publique, on ne pense qu'à ouvrir de nouveaux couvents, à étendre les corporations religieuses , à remettre en honneur les anciennes fêtes et pfocessions qui ne servent qu’à augmenter l’oisiveté et les désordres. «

Rapport du 6 octobre 4825.

« Plaintes et cris universels î Le noble et le propriétaire crient contre les impôts qui les écrasent ; les marchands crient contre le nouveau tarif des douanes; l’homme de loi et le plaideur crient contre le système embrouillé, dispendieux et interminable de la procédure; le petit peuple crie contre le haut prix des objets de première nécessité; les gens pensionnés crient contre le retard apporté au paiement de leurs pensions; les prêtres eux-mémes crient quand ils ne sont pas attachés à une branche quelconque du gouvernement et associés aux privilèges de la prélature. Tels sont enfin les doléances et les murmures, que sans aucune exagération on doit craindre les attaejucs des sectes contre un gouvernement qu'on peut dire en dissolution... »

OUAPIIHK. XIV.

Autre rapport du mois d'octobre 18 ‘25.

X Rome esl décidément une Bubjlone. Le Pape commande, les cardinaux commandent, les prélats commandent : tout s'y obtient à prix d'or, et sans or n'y espérez rien.... Le corps sacerdotal y est composé pour deux bons tiers d'hypocrites et de simoniaques; les prédicateurs sont pour la plupart indid'érents ou athées. On accable le peuple de cérémonies religieuses pour ranimer son zèle, mais les Romains, qui vont aux églises par disette de théâtres et de spectacles publics, n’en sont pas plutôt sortis qu'ils ne se souviennent plus iju'ils sont chrétiens; ils n’ont d’autre pensée que de maudire les règlements religieux du Pape, l'inquisition et les moines.... L’institution de VAtiuée sainte n'esi qu’un moyen de faire entrer de l’argent dans les poches des Romains en attendant les étrangers, et de remplir les caisses de l'État.... «

Il n’y a rien dans ces pièces oHicielles qui ne soit entièrement conforme à l'opinion de plusieurs auteurs catholiques, nos contemporains, que nous allons citer brièvement.

M. de Lamartine.

« On s’est rarement rendu compte du mécanisnn; bizarre, compliqué, confus, du gouvernement de la Papauté à Rome, considéré comme gouvernement temporel. Le voici défini en peu de mots : Lrz vices de toutes les natures de gouvernement sans leurs avantages, réunis dans un seul gouvernement.,.. Ce mode de gouvernement a les inconvénients, les faiblesses, les tyrannies, les désordres et les vices do la théocratie, de l’oligarchie.

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de l’uristocralie, delà démocratie, de la monarchie, de la république et de la domination étrangère »

M. de MotUakmbert.

« Le gouvernement de Rome est intolérable. Les peuples mécontents, opprimés, sont désespérés, aigris. Î1 n’est plus possible de le soutenir, si ce n’est avec l’appui des armes étrangères. Il manque en même temps de force morale et matérielle*.... ■.

Chateaubriand.

« Figurez-vous quelque chose de la désolation de Tyr et do Babjloiie dont parle FFcriture; un silence et une solitude aussi vastes que le liruit et le tumulte des hommes qui se pressaient jadis sur son sol. Ou j croit entendre retentir cette malédiction du prophète : Venient tibi duo hœc subito in die una, sterilitas et viduitas! .\ peine découvrez-vous quelques arbres, mais vous voyez partout des ruines d'a(iueducs et de tombeaux qui semblent être les forêts et les plantes indigènes d’une terre comp08«'e de la poussière di’s morts et des débris des empires. Souvent, dans une gi'ande plaine, j’ai cru voir de riches moissons, je m’en approchais, ce n’étaient que des herbes flétries qui avaient trompé mon œil. Quelquefois sous ces moissons stériles vous distinguez les traces d’une ancienne culture. Point d’oiseaux, point de laboureur, point de mouvement champêtre, point de villages; un petit nombre de fermes délabrées se montre sur la nudité des champs. Les portes en sont fermées, il n’en sort ni fumée, ni bruit, ni habitants. Une espèce

• Discours à la Chambre, t847.

* Lettre, pages 38-41.

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