CHAPITRE XIV
de sauvage presque nu, pâle et miné pai- la fièvre, garde seulement ces tristes chaumières, comme cos spectres qui, dans nos histoires gothiques, défendent l’entrée de châteaux abandonnés. £nfin on dirait qu’aucune nation n’a osé succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale, et que vous voyez ces champs tels que les a laissés le soc de Cincinnatus ou la dernière charrue romaine' >
M. Liverani, prélat et protonotaire apostolique.
* La nature du peuple romain est bonne, et il reste encore dans son cteur des étincelles de l’antique valeur. Mais il y a là une foule d'agents, de solliciteurs, d’intrigants, d’entremetteurs, qui, chassés mille fois, y rentrent toujours et s'y enracinent. II y a une foule de nobles d'antichambre et gens de livrée qui y vivent de gratifications, de cadeaux et d'abus; une foule d’employés corrompus, nés dans la corruption, élevés dans la corruption, qui ont attrapé un emploi et se sont cramponnés aux charges. Ils oppriment les inférieurs et les aspirants, et ne se maintiennent que par l'accumulation des abus. On y voit une foule de gueux, de mendiants, de vagabonds, de modèles, d’oisifs, qui vivent d’cscroijueries, de subsides, de pensions; une foule de coupe-bourses, de fripons, de gamins et filous qui, réunis ensemble, forment presque la moitié de la population. C’est à tel point que le gouvernement est obligé à une continuelle capitulation avec eux. Tous vivent d'abus et de choses pires... Les trois cent soixante églises sont remplies de monuments et vides de monde.
' r.hatcau'or'iand, 1rs Martyrs.
DU HAPK.
La coDStilutioa des fuiiiilles y est tellement vicieuse qu'elle est un obstacle à l’établissement de l'ordre social.... Si l’armée française s'éloignait sans qu’on lui eût substitué une armée solide pour protéger la vie du clergé, en une semaine tous les prêtres et moines seraient exterminés, tant est furieuse l'indignation excitée dans le peuple par le gouvernement dans ces dernières années'... »
M. Martin d’Oisy.
M. Martin d'üisy est du nombre de tes néoeatholiques qui croient le gouvernement temporel compatible avec la Papauté. Il a publié récemment un volume contenant les obsenations qu’il a faites lui-même, durant un »•jour à Rome, en avouant loyalement les monstruosités dont sa probité s’est trouvée offensée dans la ville sainte. Voici avec quelle sincérité parle l’honorable auteur :
« Les juges sont réputés corruptibles, et l'on
aflirme qu'ils sont souvent corrompus. La corruption, s’il faut en croire les opposants et les étrangers qui habitent Rome, coule à pleins bords; avec de l’argent vous achetez la justice; Injustice criminelle, et aussi la justice civile. Tout le monde le dit, il faut bien que ce soit lin peu vrai; et la mesure de la corruption. Dieu seul la connaît.... J'ai dit à tel monsigiior : On fait à votre législation le reproche grave de ne pas soumettre les témoins à la confrontation avec l’accusé ! Le monsignor me répondit ; Cela est vrai, mais si la confrontatiou avait lieu dans un pays comme le notre, on ne trouverait pas de témoins. La vengeance des parents de l’accusé, de ses amis, de l’accusé acquitté, de l'accusé après
* l.ivcrani. ü Papa, l'I/npgro e ü régna i'Ualàn. .