‹ Du PapeChapitre 152 sur 192 · SI · texte numérisé non relu

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l’expiration de sa peine, atteindrait le dénonciateur ou le simple déposant appelé par la justice à déclarer ce qu'il a vu ou entendu.... Je dis à monsip;nor que le droit d’aînesse était cause que les terres restent sans culture, parce que les aînés se contentent du produit tel quel qu’ils retirent. Il me répondit : Si l'on supprimait le droit d’aînesse, les grandes existences disparaîtraient à la troisième génération. Les cadets sont tiers d'appartenir à des familles riches et puissantes. Le crédit de ces familles leur profite; ils deviennent évéques, cardinaux ou delegali. Ils aiment cette loi que vous condamnez et dont vous les croyez victimes.

<t Veut-on savoir ce que sont les grandes existences qu'il s agk de conserver à Rome avec tant de soin, pour devenir la source des privilèges d’où sortent les prélats et les cardinaux? Je viens de chez un Français on ne peut mieux placé pour voir Rome, où il réside par état depuis plusieurs années. Nous abordons le sujet des classes élevées. La noblesse de Rome, me dit mon interlocuteur, est insoucieuse de sa fortune et des emplois publics. Servir son pays n’est rien pour eux, le far niente leur tient lieu de tout. En se mettant à la tète de leurs affaires, ils pourraient tenir maison, recevoir leurs amis et les étrangers; ils aiment mieux vivre avec deux francs par jour, se passer de bonne chère et même de bois en hiver. Un noble n’a pas besoin d’être riche, il lui suffit de faire croire qu’il l’est. Travailler à passer pour riche est son uinque souci. Être noble à Rome, c’est avoir un palais, un équipage et des laquais.... L’immeuble des nobles, c’est l’ojfro romano, qui ne produit pas le cinquième de ce qu'il pourrait rapporter et qui donne la fièvre par compensation.... Il

y a des nobles sans terres. A leur égard, que se passet-il? On emploie le moyen à la fois unique et insuffisant que je vais dire. Léon X avait consacré à l’extinction de la mendicité un million et demi de francs, confiés à l'institution de la Beneficenza; eh bien ! une partie notable du fonds de secours est employée à l'enseignement des enfants des nobles, à doter leurs filles, à leur donner de quoi vivre à eux-méines. C'est un détournement. Ils existent à l'état de pauvres honteux; ils consomment la substance du peuple, ils vivent aux dépens de son budget. On appelle cela à Rome soutenir les familles déchues.... On y devient noble l’argent à la main avec un peu de crédit.... Le frère du cardinal .\ntonelli (premier mmistre), qui ne possédait quand son frère est entré au pouvoir que 50,000 écus, est riche aujourd'hui de quatre millions. Le couvent de San-Denisio est riche aussi de quatre millions et| il ne nourrit pas plus de douze jeunes filles et autant de servantes. Le peuple voit ces choses et s’en plaint.

« Le gouvernement laisse exporter les produits bruts du pays, qui lui reviennent ouvrés des pays étrangers à ti’ès-baut prix. Le pain et le vin sont dénaturés; la banque crée du papier sans garantie; radministration est oisive à tous les étages. L'employé s'en va à midi sous prétexte d’aller à la messe; il revient à son bureau à deux heures demander s'il y a quelque chose à faire. On lui répond non, il se retire et ne revient plus de la journée. C’est ainsi que le même individu peut occuper plusieurs emplois. .\vec de la faveur, une même jeune fille se procure dans cinq ou six établissements de charité cinq à sLx dots Les délégations (sous-préfec-

tures) sont entre les mains de tout jeunes prêtres, cadets

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