‹ Du PapeChapitre 158 sur 192 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

OÙ Luther s'écriait : « Vois cette ég^Iiso triomphante, ces « princes-évêques qui passent devant toi comme un « tourbillon de pouiqu’e et d’or! re< onnais-tu en eux les « successeurs des Apôtres?... • La Papauté se montrant ainsi aux étrangers de tous les pays et des divers cultes, attirés par la singularité du spectacle, peut-elle édifier les générations du xix* sitVle? Peut-elle espérer de rallier par son attrait tes sections dissidentes du christianisme? Peut-elle, j'oserai le dire, faire croire que sous cet attirail de la souveraineté temporelle elle représente véritablement Celui qui n’eut qu’une couronne d'épines, et ta Passion de la croix pour fonder sa religion?

Nous n’insisterons pas davantage contre la fausse opinion qui vent que les richesses et la souveraineté fassent la dignité et l'indépendance de la Papauté. Nous croyons que cette opinion cache des intérêts politiques et des positions prises. Mais aux hommes qui sont sincères dans la défense du pouvoir temporel, nous dirons avec le savant auteur que nous venons de citer : « Vous « croyez que le sacerdoce aura plus d’autorité étant « soutenu par la puissance temporelle, et vous perdez « la vraie autorité qui est fondée sur l’estime et la eon- « fiance.

Le Pape, ne ponvant Atre aouverain, peut-il être sujet d’un État?

Evidemment la souveraineté temporelle du Papie n'assure pas son indépendance spirituelle ; l'indépendance du Pape est dans son caractère, et trouve en Dieu son appui.

liD PAPE.

Mais une autre question est celle de savoir si l’iiidépendance et la dignité du Souverain-Pontife seraient hors d'atteinte dans le cas où il deviendrait sujet d'un prince, ou seulement citoyen d'un État constitutionnel ou d'une république; et si dans cette situation il obtiendrait le même respect et la même confiance des autres souverains catholiques et de leurs sujets ? Nous nous demandons en même temps, pour que le problème soit posé sous son double aspect, si le prince et l'État d’où dépendrait légalement un personnage de l'importance du Pape, ne lisqueraient pas, par le fait, d'être eux-mêmes compromis dans leur tranquillité et dans leur indépendance ?

La principale raison qui a pu faire croire nécessaire au Pape une principauté temporelle, indépendamment de la théocratie universelle de droit divin à laquelle il aspire doctrinalement, c'est bien qu'après la division de l'empire romain en une foule de monarchies et principautés il semblait à craindre (jue, sujet de l’un de ces monarques, le chef do l'Église catholique ne fût opprimé et, par-dessus tout, qu'il n’obtint pas de la part des autres princes catholiques et de leurs sujets toute la confiance et tout le respect nécessaires au libre exercice de son influence morale. Des protestants tels que Leibnitz et Ilurter, et des philosophes tels que Grotius et Voltaire, ont été de cotte opinion aussi bien que Bossuet et Fénelon. Nous ne sommes point éloigné de la partager; mais nous devons, avant d'y adhérer, faire observer tout au moins, comme nous l'avons dit précédemment, que, pour ce qui a rapport au libre exercice des pouvoirs spirituels tels qu’ils sont définis dans l'Evangile, il serait assuré au Pape, dans tous les

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