‹ Du PapeChapitre 162 sur 192 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

yuider le pasteur suprême établi par Noire-Seigneur Jésus- Christ, pour être la voie du genre humain ! ... » La feuilhï pontificale ne voit dans la dislincliou du pouvoir en spirituel et lempoiT‘1 « qu'un argument de l’impiété révolutionnaire et une lourde hypocrisie. * Enfin, elle n’hésite pas à affirmer que : « l^es vicaires de Jésus-Christ ont toujours été les meilleurs administrateurs des intérêts des peuples, parce qu’ils retiennent forcément, dans la comluite des affaires temporelles, un rayon plus ou moins éclatant de l'assistance spirituelle, toujours supérieure par quelque endroit à l'habileté des autres rois, dont l’office consiste uniquement à mettre leurs forces au service du Pape... »

C’est de la folie! diront ceux qui ne sont pas habitués à un tel sujet. Non pas; cela est très - sérieux : c’est toute une cosmogonie sociale ; le plus beau rêve des nuits du moyen âge, la théocratie la plus complète en sa conception qu'ait jamais vue le monde ; mais pour une humanité idéale qui serait gouvernée par Dieu même et non pas par un homme qui s’eft'orce en vain de faire le rôle de Dieu. Nous avons assez dit que cette théocratie est purement fictive, et absolument impropre au gouvernement des choses temporelles, nous n’y reviendrons pas. Nous voulons seulement exposer, à un point de vue historique et pratique, combien il nous paraîtrait difficile que ie roi d'Italie et le chef de la catholicité vécussent en bonne harmonie dans un royaume oii les consciences et la raison d'iitat se trouveraient sans cesse en contact immédiat, et souvent en contradiction, au sujet du souverain idéal et du souverain réel.

Deux souverains à Rome ou en Italie, nous semblent

une moiislruositê politique. La souveraineté que s'attribue le Pape est inconciliable avec toute autre souveraineté ; lions en avons pour témoignage le spectacle historique de la perturbation qu’elle a portée de tout temps dans les Etats chrétiens, sous prétexte de sou pouvoir spirituel, et les efforts que ne cessèrent de taire, pour lui résister, tous les princes qui ne voulurent pas être les séûdes de la cour romaine. Mais s’il fut, de tout temps, difficile aux États séparés par des frontières de se mettre à l’abri des atteintes de la puissance pontificale, combien ne le serait-il pas davantage à l'État italien ayant dans son sein le Pape, souverain moral de la catholicité? Deux souverains à Rome ou seulement en Italie, nous le répétons, serait une monstruosité, un manichéisme infernal, donnant lieu à un danger permanent de dissension. Se figure-t-on ce roi idéal des consciences, placé à côté du roi de la constitution, et à portée de décliner tous les jours librement les regrets de sa déchéance, et d’exhaler des espérances fondées uniquement sur la division des esprits? Le Pape serait-il résigné? La résignation serait la négation de la Papauté ou sa servitude, et elle n'aurait pas lieu, croyez-le bien. Il n’y a pas d'ambition égale à celle où se mêle la théologie ; elle est vivace, volontaire et inflexible, comme toutes les aspirations qui se rattachent à la logique suprême. 11 en sera de même de la Papauté tant qu’elle existera ou qu'on n'aura pas trouvé le moyen de lui faire une position dans laquelle, sous le rapport de l’ambition terrestre, elle se trouve protégée contre elle-même.

Si nous avions crainte de nous tromper dans cette conviction, où nous sommes affermi par les paroles que

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