‹ Du PapeChapitre 175 sur 192 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

actuellement encore ii Rome le foyer de leurs étemelles conspirations! Ils ne manqueraient pas de dire que le Pape est proscrit ; qu’il n’a pas sur la terre chrétienne un lieu où reposer sa tète! Des hommes passionnés représenteraient le Saint-Père comme victime des révolutionnaires et de l'impiété, et quel monstre ne serionsnous pas, nous qui aurions fait la proposition de transporter aux Saints Lieux la résidence pontificale!...

Il nous faut, avec la conviction de faire moins bien, mais plus favorablement à la pratique des choses, entrer dans une voie de transaction avec nos idées.

Le parti catholique a émis dans ces derniers temps l’opinion que l’État romain était la propriété de la catholicité collective. Cette opinion est fausse, comme il a été démontré. Mais elle nous semble contenir une idée réalisable et capable de fonder tout exceptionnellement un droit conforme au droit commun de propriété (nous ne disons pas de souveraineté), au moyen duquel le Pape, le sacré collège et Jes ordres annexes jouiraient d’une position complètement neutre et indépendante. Il faudrait h cet effet acquérir, au moyen d'une souscription entre catholiques, une île dans la Méditerranée.

Cette île serait préalablement expropriée par la puissance qui devrait la céder, de manière ù pouvoir être remise en complète jouissance an Pontife et à ses successeurs. On la ferait déclarer neutre et inviolable par les puissances.

Quelle serait cette île?

Nous en verrions plusieurs, que nous nous abstiendrons de désigner. 11 serait à désirer que celle qui serait choisie donnût un revenu territorial suffisant pour mettre le Pontife en état de se passer des offrandes des

fidèles, soit des tributs exigés pour des faveurs purement religieuses, et assurer sur ce point essentiel son indépendance et la dignité de son haut ministère. Il pourrait ainsi exercer ses bonnes œuvres sans avoir besoin de recourir au denier de Saint-Pierre, aux usuriers, à la vente des indulgences et des dispenses d'aucune sorte Sa position serait dès lors celle d’un père de famille, exempt des préoccupations de la nécessité, en même temps que des soucis matériels du monde. L'ile pontificale, reconnue neutre sans peine par toutes les puissances, se trouverait placée sous la protection du droit public.

C’est ainsi que, selon nous, serait résolu le problème de la résidence du Pape et comment il se pourrait qu'il ne fût ni souverain temporel, ni sujet d'aucun prince, ni soumis à des besoins matériels. Son indépendance serait complète et, en l’élevant au-dessus des vicissitudes de la politique, elle lui permettrait de consacrer toutes ses pensées et tout son temps aux intérêts spirituels de l'Église.

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