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CHAPITRE XVI

RÉFORME DE l'ÉGLISE ET DE LA PAPAUTÉ.

L’Église eet-ellc satisfaite da concile de Trente? — Le concile de Trente Justement suspect aux États et aux fidèles. — Le Pape instrument politique de l’Église. — Caractère spirituel de la religion. — Autorité de la prédication. — Personnification do l'autorité dans le gouxemement de l'Étal. — Est-elle nécessaire dans l’Église? — L’absolutisme du Pape est cause de la gène du clergé dans l’État. — Napoléon I*' et le concordat.— Caractère de l’Église gallicane. — Ce que fut la déclaration de 1682. — L’É.gIise est tout entière dans le concile. — Double aspect de l'Église. — Réforme possible de l'Église et de la Papauté. — Avertissement à l'Église catholique.

La question du Pape se verrait donc résolue en ce qui concerne la nationalité italienne, par le changement de résidence du Pape. Mais elle ne le serait pas par rapport à l’Église et aux Etats catholiques.

Les évêques réunis à Rome autour de Pie IX, en 1862, ont fait une déclaration capable de faire croire qu'ils sont plus que jamais satisfaits du Pape que leur a donné le concile de Trente. Ils ont été jusqu'à déclarer « qu'ils n'avaient pas d’autre devoir que celui d’approuver, humblement prosternés aux pieds du Pontife, ses décisions, tant au spirituel qu'au temporel. •

Mais cette réunion n'avait pas le caractère d’un concile, et la déclaration dont il s’agit peut être considé-

rée comme un simple témoignage de sympathie et de déférence extrême donné à Pie IX, en vue de circonstances particulières. Nous ne croyons pas que l’Église catholique soit généralement satisfaite des conditions faites au clergé et aux fidèles par le concile de Trente. Ce qui nous autorise ü cette persuasion, c’est que, de divers côtés de la catholicité, on voit des hommes et des publicistes éminents se déclarer pour des principes libéraux que ne comporte point le concile de Trente, et même pour la liberté de conscietue, qui est la négation logique de l’autorité absolue dont ce concile a investi la Papauté... Nous tromperions-nous sur un point de si haute importance ? Nous en éprouverions un profond regret, car le Pape de Trente, expression matricule de l'ultramontanisme, est suspect aux États ainsi qu’aux hommes éclairés, et l’Église se trouverait enveloppée dans cette suspicion légitime.

Le Pape de Trente n’est pas l’Église, mais la théocratie ; il n’est pas l’autorité, mais le despotisme.

En se rendant compte d’un clergé organisé et discipliné, ainsi que nous le voyons dans le concile de Trente, posé sur tous les plans de l’établissement civil des États, ayant à sa tête un Pape absolu et indépendant de l’Église elle-même, n’est-on pas justement effrayé des entreprises qui peuvent en résulter? On aura beau dire que le Pape est inspiré de l'Esprit-Saint, et ne peut faire que des œuvres de sagesse; trop d'expériences prouvent que le Pape peut se tromper et n’est pas le plus éclairé des hommes. Toutes les prétentions des anciens Papes au spirituel et au temporel, le Pape de Trente les conserve et les affirme avec énergie, et s’il ne peut plus les soutenir à force ouverte, il les poursuit

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