CHAPITRE
du clergé, que bien des vocations suspectes se glissèrent dans son sein. Nous voyons dans saint Cyprien que, tant que l’Église fut pauvre et simple, le fonds commun destiné au soutien des pauvres fut administré avec probité par les évêques, et qu’on ne craignait pas qu’ils en abusassent; mais que lorsque l’Église fut entrée dans le goût du luxe, et déjà de son temps, les évêques, qui étaient les administrateurs de ces biens, furent souvent des intendants infidèles, dissipant les richesses de la société pour satisfaire leurs plaisirs ; que d’autres les faisaient servir à des marchés frauduleux et à des usures exorbitantes*. Cette allégation est conforme à ce qui est prévu par le vingtième canon du concile d’Elvire.
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l'église primitive et l’empereur CONSTANTIN.
ConstaotiD cnricliit les églises pour se faire un appui des chrétiens. — Opulence des temples qu'il a fait bitir. — Les successeurs de Constantin imitent sa politique. — La religion de l’Empire ouvertement combattue par les empereurs, — Accroissement continu des richesses et des prérogatives dans les églises. — Le christianisme combat avec courage le paupérisme. — Tentative de la communauté des biens; ses déceptions. — Le christianisme et l’Empire commencent i se corrompre mutuellement.
Constantin étant monté sur le trône, une ère nouvelle s’ouvrit au christianisme. Cet empereur accorda aux chrétiens la faculté de se réunir et d'exercer leur culte comme les autres cultes de l'État. Ils purent faire ouvertement les instructions et les cérémonies, qu'ils faisaient pour ainsi dire en secret. De là plus de régularité dans les assemblées de l'Église ; de là, peut-on ajouter, une place dans le droit public de l'Émpire. Un tel avantage date des deux premiers édits de Constantin (312-315), par lesquels il ordonne en même temps la restitution aux chrétiens des temples qui avaient pu leur être enlevés durant les persécutions.
Constantin ne s'en tint pas là. Après avoir, pour ainsi dire, déserté le paganisme, où étaient tous ses adversaires, il devait nécessairement en devenir l'ennemi.