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CHAPITRE III

nement contre l'ancien culte. Les œuvres d’art, de science, de législation et de littérature étaient dénoncées, dans les prédications des théologiens, comme des œuvres inspirées par le démon. Les belles statues et peintures qui ornaient les temples, les palais, les places publiques, et dont quelques-unes ont été rendues à l'admiration de la postérité depuis la Renaissance, étaient montrées au peuple, non -seulement comme étant des représentations de fausses divinités, mais ces divinités elles-mêmes. On faisait croire à une multitude fanatique que les anciens adoraient en réalité ces choses-là et commettaient, par conséquent, l’idolâtrie. Les livres de l'antiquité n’étaient recherchés que pour être anéantis sans distinction. La haine des chrétiens contre le paganisme, c’est-à-dire contre l'ancienne société, était montée et maintenue par leurs chefs à un tel point de fanatisme, qu'il semblait que le christianisme ne pût exister que sur des ruines. Erreur funeste 1 car le christianisme n'était pas venu pour rien détruire, mais pour compléter toute chose par sa divine morale.

L’accroissement des richesses de l’Église avait suivi cette progression des faveurs impériales et de l'appui donné au christianisme. Dès que Constantin fut arrivé au trône, les libéralités de ce prince, pour attacher le clergé à son parti, furent sans bornes. On ne peut lire sans étonnement les détails transmis à ce sujet par les auteurs de ce temps-là, et particulièrement par Eusèbe, le plus ancien d’entre eux et le mieux en position de connaître les faits qu'il rapporte. Dans toutes les parties de l’Empire, mais principalement à Rome, à Constantinople, à Jérusalem et dans tous les lieux saints de la Palestine, il fit bâtir des temples magnifiques et leur

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assigna des revenus considérables; n’épargnant rien soit pour la beauté des édifices, soit pour la richesse des ornements sacerdotaux et des vases sacrés, soit pour l’entretien du clergé. On assure que Constantin, après avoir élevé à ses frais la basilique Conslantinicnne, l’enrichit avec une magnificence que l'on aurait peine à croire, si l'on ne savait que ce prince avait un intérêt capital à captiver les chrétiens devenus son principal appui après le triomphe remporté par lui sur son compétiteur Maxence, et si les empereurs d’alors n’avaient pas eu en leur pouvoir les trésors du monde entier. La liste de ces ornements, dressée par Anastase le bibliothécaire, prouve à la fois le mauvais goût de cet empereur ignorant, et l’aveugle cupidité avec laquelle de tels présents étaient acceptés déjà par les ministres qui avaient hérité du modeste apostolat, et à qui se trouvait conGée la précieuse doctrine d’un désintéressement absolu.

Celte liste se compo.se de vingt-neuf articles principaux, et nous la reproduisons pour donner une idée de la voie de matérialisme et de corruption dans laquelle fEgli.se était entrée dès l’époque de son association à l'Empire, en attendant que l’Eglise elle-même, par son alliance intime avec lui, le conduisît par une corruption réciproque aux dernières limites de son existence.

On voyait dans la basilique Constantinienne :

1“ Un baldaquin d'argent sur lequel étaient montées une statue du Christ assis dans un siège, haute de cinq pieds et pesant cent livres; celles des douze Apôtres avec des couronnes sur la tête, en argent très-pur, chacune de cinq pieds et pesant quatre-vingt-dix livres. — Par derrière, on voyait une autre statue du Sauveur, assit

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