‹ Du PapeChapitre 29 sur 192 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

condée par l’école de Zéiioii, qui balançait, elle seule, les égarements d'Épicure et de Lucrèce ; adoptée assurément par les éclectiques et tant d'autres bons esprits qui s’élevaient au-dessus de la corruption du siècle, et cherchaient de bonne foi la vérité, elle eût régné sur les esprits, comme tes Césars régnaient sur le trône et sur le monde.

Il fallait, a-t-on dit, détruire l'idolâtrie pour faire place à la religion nouvelle. Mais était-ce une idolâtrie bien monstrueuse et incompatible avec cette religion que celle qui avait élevé des temples et des autels â tous les attributs de l'Etre suprême, à toutc*s les vertus de riiomme et des sociétés : à la Justice, à la Concorde, à la Piété filiale, k X Amour de la patrie, k X Honneur, au Courage, à r.4mitid, à la Beaulé, k la Pudeur, à l’.4moui-, et qui avait symbolisé de tels attributs sous toutes les formes et avec l'art le plus parfait? Y avait-il plus d'idolâtrie dans la vénération des chefs-d'œuvre de Phidias et de Praxitèle, réputés de faus dieux, qu’il n'y en avait dans toutes ces statues d'or et d’argent dont nous avons vu les édifices encombrés par l'ignorance et le mauvais goût du premier empereur chrétien? Le clergé, eu se plongeant avidement dans la possession des richesses, ne mettait-il pas le christianisme sur la route de la corruption que sa morale était appelée à combattre en lui servant de contre-poids par son caractère d'inaltérable austérité? La vérité est que l'antiquité ayant procédé à sa constitution et à son développement par voie d'analyse, n’avait pu s'élever à la perfection d'une cosmogonit* sociale et religieuse. Il lui manquait un élément supérieur propre à opérer sa synthèse, et cet élément, le christianisme le lui apportait. Le christianisme était la pierre

(le voûte dont manquait ce magnifique édifice en même temps que la lumière la plus propre à en faire ressortir les beautés et à le sanctifier. Le christianisme avait été persécuté, il est vrai, comme toute vérité apparaissant dans le monde ; mais c’est précisément aux époques de ses tribulations et de ses misères qu’il avait été véritablement en voie de propagation. Du jour où les prospérités mondaines lui furent acquises, contrairement aux préceptes de l'Évangile, son influence morale n’eut plus la même aulorilé, et s’il brilla d'un éclat plus grand, il laissa voir aussi dans son sein des dissensions scandaleuses et des vices honteux, fruits de la cupidité et de l’orgueil. Beaucoup de vocations furent faussées dans la personne de ses niinistnîs; il lui fallut fappui, même la possession de la force, et le principe divin s’y vit altéré. Ne pouvons-nous pas ajouter, sans crainte de nous tromper, que les bienfaits de Constantin et de ses successeurs commencèrent à corrompre le christianisme et le mirent en position do corrompre à son tour l'Empire? La double décadence qui les frappa l'iin et l'autre, par la suite, doit être attribuée, n'en doutons pas, au monstrueux accouplement qu'ils firent de la religion et du pouvoir temporel ; nous en jugerons plus avant.

CHAPITIIK IV.

CHAPITHK IV.

PROGRÈS DK L'ÉGUSK VKRS l’ÉTAT CIVIL AU IV' SIÈCLE.

L’appàt dt!s richrsscs entraîne l’Église dans une fausse vuic. — Aaiswnice de la suprématie épiscopale. — Jérusalem, première Église fondée par saint Pierre. — Saint Paul fonde celle de Rome. — Saint Cyprien et les évoques d’Orient s'élèvent contre la pn'tention du siège de Rome k la suprématie universelle. — Saint Pierre fnt-il évOqiic à Rome? — Ix^s évoques continuent à être nonunés par le choix des fidèles. — L’institution des monastères, en Occident, modère la cupidité du clergé. — L’habitude s’introduitdc faire diipeudrc les évêchés de,s provinces de ceux de.s grandes villes. — Celui de Rome commence à faire sentir sji préixmdérancc en Occident, et rencontre une rivalité dans celui de Cimst.antinople. — Premières immunités ecclésiasliqncs. — Pression des évê<|ues de Constantinople sur les empereurs. — Les décisions canoniques deviennent lois de l’État. — Naissance du parti catholique. — Édits contre les lk*rétiqncs. — Système d'inquisition. — Le mélange du spirituel au temporel énerve l’Empire et fait pn'sagersa chute.

Les faits oiit, ainsi que les principes, leur logique, line fois l'appât des richesses mêli'i à l’enseignement de la morale que Jésus-Christ avait fondée S’.ir un détachement absolu des choses terrestres, le christianisme était entré dans une fausse voie. La société se voyait menacée de perdre le précleu-v élément destiné à servir de contre-poids, dans son sein, à ce germe inévitable et nécessaire de matérialisme qui, abandonné à lui-méme, avait corrompu la société romaine. .Après les richesses,

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il faudrait au clergé les jouissances qu’elles procurent ; après ces jouissances fugitives, les honneurs, dont elles entraînent l’idée et le besoin; après les honneurs, dont l’orgueil est le mobile, la possession du pouvoir, dernier terme de l’ambition humaine : le clergé devait un jour porter jusqu’à la frénésie une telle ambition et tout sacrifier pour la satisfaire.

Le premier besoin, en effet, qui se fit sentir dans le clergé , après ses innombrables acquisitions d’or et de biens-fonds, fut celui de la supériorité des évêques et de leurs sièges les uns sur les autres. Quelques auteurs, tels que Shelstrat et Pierre de Marca, ont employé leur érudition à supposer que les dignités métropolitaines de patriarche et autres avaient été établies par les Apôtres*. Mais nous voyons, d’après le Nouveau Testament, s’il est possible de s'arrêter à une pareille supposition . L’Évangile ainsi que les Actes des Apôtres et les Épltres témoignent t qu’il n’y eut entre les Douze ni premier, ni dernier; que Jésus-Christ n’établit aucun d’entre eux sur les autres; qu’il leur prescrivit de gouverner le peuple de Dieu d’une manière opposée à celle des gouvernements du monde, sans autre moyen que l’enseignement et les bons exemples; que si la nature, enfin, avait donné à l’un d’entre les Apôtres la supériorité, il devait volontairement en faire le sacrifice. » Au reste, Dupin a montré, avec beaucoup de clarté et de simplicité historique , qu’on ne commença à connaître , dans le sens qu'elles auraient plus tard, les dignités ecclésiastiques qu'après que Constantin et ses successeurs

* Shelstrat, Antiq. illusl., part. I. — lie Marcaj de Conc , part. F, c. I.

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eurent pris sous leur protection si^^nalée les chrélieos*.

A l’origine tlu christianisme, l’Eglise nazaréenne de Jérusalem, dont les quinze premiers évêques furent des juifs circoncis, s’efforçant d’unir la loi chrétienne à la loi mosaïque, était l’objet de la vénération toute spéciale des autres Églises, et donnait la règle aux plus éloignées. Elle avait été la première fondée, selon l’ordre précis de Jésus-Christ, par les Apôtres réunis, et particulièrement par saint Pierre, qui, immédiatement après l’ascension du Seigneur, y convertit, en deux prédications, huit mille juifs, qui se constituèrent en société , et dont les Apôtres ne se séparèrent qu’après le meurtre du diacre Etienne*. Mais après la destruction de la ville sainte et du temple, et lorsque les Eglises d’Antioche, d’Ephèse, d’Alexandrie, de Laodicée, de Damas, de Corinthe, de Pergame et de Rome eurent des sociétés nombreuses, l’importance de Jérusalem diminua : ses habitants s’étaient retirés à Pella*. Durant les trois premiers siècles , les Églises les plus illustres furent celles d’Orient, qui, plus rapprochées du foyer évangélique et plus éloignées du centre de l’Empire, jouissaient à la fois de plus de lumière chrétienne et de plus de liberté. Dans l’Occident, plus éloigné du centre apostolique, et où les esprits sont naturellement moins inflammables, les Églises avaient éprouvé un développement moins rapide. Celle même de Rome, fondée par saint Paul, se trouvant au sein de l'Empire, fut longtemps étreinte sous les voûtes de ses catacombes, et éprouva des difficultés à s’étendre. Nous voyons, en

' Dupin, DeÀntiq. eccl. discipL, dis?. I.

* Act. des Ap., ch. Il, V. 41 et suiv.

’ Eusi lie, Hiit. ecclà^. — Moiticim. I)( tteb. chrixl.

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eflFet, qu’au milieu du troisième siècle son cler^çé n'avait qu’un nombre assez restreint de personnel. Il était composé de l’évéque, de quarante-six prêtres, de sept diacres et d’autant de sous-diacres, de quarante-deux acolytes et de cinquante lecteurs, exorcistes ou portiers. Gibbon estime, et celte appréciation paraît raisonnable, que, proportionnellement à ce nombre de clercs, le nombre total des cbrétiens ne devait pas excéder cinquante mille sur une population de plus d'un million d'habitants*.

L'Eglise de Rome, cependant, n’était pas demeurée sans importance, comme nous l’avons vu par les secours qu'elle avait été capable d'envoyer aux chrétiens d’.4sic, et par la querelle élevée entre Damas et l'rsin, à l'occasion de son siège épiscopal. Elle avait même, dès le temps de saint Cyprien, évé(jue de Carthage, manifesté l’intention de dominer sur les autres Eglises d'Occident, en se fondant déjà sur le passage : Tu es Pieire, et sur cette pierre je fonderai mon Église.

Les évêques de Grèce, d'Asie et d Afrique s'élevèrent contre une pareille prétention; car il était de doctrine alors que tous les évêques étaient égaux, et que les diverses agrégations chrétiennes étaient indépendantes les unes des autres, et reliées uniquement par le lien spirituel de la foi en Jésus-Glirist, toujours présent, selon sa promesse, au milieu de son Eglise. De plus, il était de droit que rien ne fût changé dans les Eglises sans le consentement des fidèles et la décision des synodes. D'ailleurs , dans les premiers temps on était généralement éloigné de croire qu’il eût existé un chef

' r.itibon, Dccad de l'cmp. rom.

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des Apôtres, même que saint Pierre eût jamais été à Rome pour y fonder et léguer aux évêques ses successeurs la suprématie tirée du texte dont il s'agit. La vérité sur ce point se borne à dire que l’Église et le siège de Rome avaient été considérés, dès les premiers temps, comme les plus importants, parce que, selon l’expression du concile œcuménique de Chalcédoine , Home était la ville régnante : raison pour laquelle l’Église de Constantinople fut considérée comme première après Rome dès qu'elle fut devenue ville impériale, ou, selon l'expression encore des conciles, la nouvelle Rome.

Des synodes avaient été établis dès le n' siècle dans les provinces d'Orient , et une correspondance régulière entre les Églises réglait la discipline, ainsi que les cérémonies. L’évéque était choisi en présence du peuple et avec son suffrage , par les évêques de la province réunis ii cet efl’ct dans l’église vacante; et comme nul intérêt ne dirigeait ces choix, ils étaient inspirés par la sagesse et portés sur des hommes d'une vocation sincère. • Les plus vertueux de nos anciens, dit Tertullien, « président nos assemblées, et l'on n'arrive pas à cet « honneur pour de l’argent, car les choses saintes ne « s'achètent pas, mais par le témoignage de l’Église'. « I>es évéques étaient assistés dans l’exercice de leurs « fonctions par des prêtres et clercs de différents € ordi'es, jugés dignes de servir de modèles aux fidèles « et choisis parmi les plus vertueux d'entre eux, et « quelquefois parmi les confesseurs qui avaient montré « le plus de courage dans les épreuves de la persécu- « tion'. a

' TitIuII. Apoloijet.

’ Saint Cypneii, De Unit. ccd.

nu PAPE.

L’usaffe se conserva longtemps encore après Constantin de choisir les évêques, par le suffrage du clergé et du peuple, parmi les chrétiens les plus vertueux. Plusieurs étaient tirés de l'état monastique, dont ils conservaient les pratiques dans l'épiscopat, continuant de vivre en commun avec un certain nombre de moines qu'ils réunissaient autour d'eux'. On trouve partout de nombreux exemples de cet usage en Orient, où existèrent les premiers couvents, et il passa en Occident avec ces sortes d'établissements religieux.

Depuis cette époque, les évêques mêmes qui n'avaient pas été tirés de l'état monasti(jue menaient ordinairement avec leurs clercs la vie commune, à l’exemple des I fidèles de Jérusalem, ne possédant rien en propre, ne subsistant que de ce que l'Église et les fidèles leur fournissaient , travaillant même (juelquefois de leurs mains pour leur être moins à charge, et plus en état de soulager les pauvres. Le moine Augustin, qui fut en Occident l'instituteur de ces communautés purement religieuses, eut bientôt un grand nombre d’imitateurs, particulièrement en France et en Espagne. Plusieurs conciles publièrent des règlements pour conserver et pour étendre une pratique si favorable au maintien de l'esprit et des mœurs ecclésiastiques. Les vies de saint Eusèbe de Verceil, de saint Augustin, de saint Martin de Tours, de saint Hilaire d'Arles, de saint Grégoire le Grand, et de plusieurs autres évêques, fournissent des détails aussi édifiants eu eux-mêmes (ju’lionorables pour le clergé des principales Eglises d'Occident ii celte épo([ue. Aussi les païens étaient-ils frappés du touchant spectacle que

' Thomassin, .Inr. et woiii'. discip.

CHAI’ITIIE IV.

donnait au monde cette admirable discipline, qui rendait les ministres de la religion chrétienne si respectables aux yeux de tous. C’est ce que l’on voit par une lettre de l’empereur Julien, qui était retourné au paganisme et cherchait à réparer les profondes atteintes (pic ses prédécesseurs avaient portées à ranliipie religion. « Ne souffrons pas, écrivait-il à Arsace, pontife de Ga-

• latie, vers l’an 362, que ces nouveaux venus nous

• enlèvent notn* gloire, et qu’en imitant des vertus

« dont nous avons parmi nous l'original et le modèle , « ils couvrent d’opprobre notre négligence et notre « inhumanité, ou plutôt ne trahissons pas nous-mêmes « notre religion, ne déshonorons pas le culte des dieux. « Si j’apprends que vous remplissez vous-même tous « ces devoirs, je serai comblé de joie

Un si modeste état de choses ne devait pas longtemps rester intact après que Constantin se fut déclaré le protecteur des chrétiens. On fonda un grand nombre d’églises , et , en proportion des villes où (.‘lies se trouvaient établies, beaucoup d’évêques chargés de leur direction s’arrogèrent des titres de métropolitain, de primat, d’exanjue ou patriarche, dont la signification, dans le spirituel, répondait, par le plus ou le moins d’étendue, à celles des magistrats civils et politi(iues dans les mêmes villes et provinces. Insensiblement l'usage s’introduisit de faire dépendre les évêques provinciaux de celui qui résidait dans une cité importante en administration, et le gouvernement c(;clésiastique se forma sur le modèle du gouvernement séculier. En sorte que les villes qui étaient dépendantes les unes des autres, par rapport à l'administration et à la police de l’Empire, le devinrent également par rapport à celles de

DU l'ADt.

leurs Églises. De là, les évêques qui avaient des sièges haut placés prirent quelquefois le droit de nommer et de déposer les évéfjues des localités inférieures, (iepeiidant, dès le règne de Constantin, et après que le principe de rindépendance des sièges épiscopaux avait déjà rci-u une notable atteinte, il \ avait encore quatre métropoles estimées égales et d’une importance supérieure : c'étaient celles d'.Viitioclie, de Rome, d’Alexandrie et de Jérusalem. Le concile de Nicée, par un motif tout spirituel , avait jugé devoir élever cette dernière au premier rang.

Vers la fin du iv"' siècle, cependant, l’Église de Rome avait acquis une influence d'autant plus grande qu’elle était située dans rancienne capitale du monde. Les richesses et les faveurs dont les empereurs l'avaient comblée, en fixant sur elle l'attention des chrétiens, avaient immensément accru son importance; et quand, par une habitude séculaire, les regards des peuples cherchaient dans cette ville l'empire, qui en était absent depuis sa translation en Orient, ils tombaient naturellement sur cette Église. C'e.st vers cette époque seulement que l'évéque de Rome fut ap|)clé patriarche, et obtint la prééminence sur les autres évêques de l Occidcnt. Rientôl après le patriarche de Rome détruisit tous les diocèses intermédiaires de l'Occident et étendit sur tous également son autorité.

L'évéque de Constantinople, dont le siège avait été déclaré aussi de premier ordre par le quatrième concile, ne manqua pas de .suivre l’exemple donné à Rome: il s’intitula également patiiarche; il envahit les évêchés métropolitains d’Alexandrie, d’Antioche cl de Jérusalem, et manifesta même la prétention de dominer sur

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l’Occident, comme ayant son siège dans la capitale réelle de l’Empire'.

C’est ainsi que dans le christianisme tout était graduellement entraîné à la superposition des hommes et des choses. Ce n’était déjà plus là , assurément , l’unité morale qui avait régné sur les Églises chrétiennes et sur leurs chefs respectifs durant trois siècles, en leur donnant l’égalité et la paix. Son idéal spirituel, par une progression inverse de son principe, se matérialisait et allait aboutir à l’organisation politique.... Le dualisme, en même temps, était fatalement constitué dans le domaine chrétien, du moment où il n’y avait plus que deux métropoles également riches et puissantes. L’avenir dira quel abîme d’ambition s’ouvrait entre ces deux superbes rivales, qui prétendaient, avec une égale ardeur, à dominer la chrétienté, et s’intitulaient exclusivement catholiques, c’est-à-dire universelles.

Celte organisation, toutefois, devait rester longtemps encore vide de l’objet suprême auquel elle tendait logiquement, le pouvoir. Mais l’Église eut bientôt à exercer une certaine autorité autour d’elle et dans les éléments mêmes de la société civile. 11 est assez curieux de suivre dans les replis, parfois obscurs, de l’histoire la voie et les progrès par lesquels elle y parvint avec le temps.

Les empereurs , à commencer par Constantin , se montrèrent hautement disposés à accorder toutes les faveurs que sollicitaient les chrétiens , devenus leur parti et leurs sujets les plus dévoués. Parmi les avantages temporels que l’Église retira de leur générosité , dès les premiers temps, il faut surtout remarquer les

' .Nous consacrerons un chapitre à cet impoiiant sujet de la primauté.

privilèges ou Immunités. La première concession de ce genre remonte à Constantin. Dès l’an 313, cet empereur, écrivant à un de ses proconsuls en Afrique, dit clairement que les ecclésiastiques doivent jouir d’immunités particulières, « afin qu’ils puissent se consacrer aux fonctions de leur ministère, au moyen desquelles ils procureront à l’Empire de grands avantages. » Les successeurs de Constantin imitèrent son exemple en cela, comme en tous les genres de libéralités.

Ces immunités étaient les unes personnelles aux clercs, les autres relatives aux biens-fonds que possédaient les Églises. Les immunités personnelles peuvent se diviser en quatre catégories ;

r L’exemption des foncliom curiales ou municipales dont jouissaient en tout temps les prêtres païens, et que les personnages de distinction recherchaient à cause des embarras et des dépenses dont elles dispensaient ;

2° L’exemption des servitudes personnelles, principalement de celles qu’on appelait fonctions viles, et dont étaient dispensés les grands de l’État, telles que les corvées imposées pour les chemins, le service des postes, le logement des troupes ou des oHiciers du prince dans ses voyages;

3" L’exemption de la capitation ou impôt personnel. Cette exemption fut attribuée dans toutes les Églises non-seulement aux prêtres, mais à leurs femmes, à leurs enfants et jusqu’à leurs domestiques ;

4° Enfin, l’exemption, plus notable, de la juridiction séculière, qui élevait les clen» au-dessus du droit commun'.

' Gosselin, Pour, ilii Pape.

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