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CHAPITRE IV. Itl

L’importance et l’étendue de ces immunités ne tarda pas à donner lieu à de criants abus, que les empereurs se virent obligés de réprimer. De même qu on avait vu des hommes sans vocation religieuse se jeter dans la prêtrise dès que l'Église eut été comblée de richesses, de même on en vit d’autres entrer alors dans le clergé sans autre mobile que celui de jouir de ces privilèges. Pour arrêter ces désordres, les empereurs défendirent qu’on ordonnât un plus grand nombre de clercs que n’en réclamait le service des églises, et de les choisir parmi les sujets que leur naissance ou leur fortune rendaient tributaires des charges publiques. « Car il est juste, disait la loi, que les riches portent les charges du siècle, et que les pauvres soient soutenus par l’Église '. « Cette loi fut cependant modifiée par la suite en faveur des évêques , et même en faveur des clercs qui- se voyaient appelés au ministère de l'Église, sous les auspices du conseil municipal et par le suffrage universel du peuple’.

Les immunités sur les biens-fonds du clergé subirent beaucoup de variations. L’accroissement que ces biens avaient pris obligea les successeurs de Constantin de les tenir soumis à fimpôl commun, obligation dont un avait exempté quelques-uns, comme nous l’avons dit précédemment. line semblable réforme était devenue indispeasable ; cependant, elle excita dans le clergé de vives réclamations, mais la plupart des évéques s’y soumirent avec docilité. Ùuclques-uns même se faisaient honneur de leur exactitude à payer les contributions de l’État.

* Code Théod., liv. XVI, lit. ii, n° la,

• Cod. Théod., liv. XII, til. i, n" 40.

C'est le témoignage que leur rend Valentinien I" dans une lettre adressée aux évêques d’Asie pour l’approbation du concile d'illyrie. L’empereur les loue « de ce qu’ils ne sont pas moins fidèles aux princes temporels qu’à Dieu lui-même, et qu’ils payent exactement le tribut établi par les lois » C’est là aussi la doctrine que soutenait et dont se prévalait saint Augustin dans son discours contre .Auxence, où il réclamait avec fermeté contre le don d'une église qu’on voulait donner aux ariens. • L’empereur, disait-il, réclame un tribut, nous ne le « refusons pas; les terres de l'Église le payent; le tri- « but appartient à César. » Saint Grégoire le Grand témoigne des mêmes sentiments dans plusieurs de ses lettres; « il recommande aux gérants des domaines de « l’Église de les bien cultiver, afin qu’ils soient en état « de payer les impôts. » Il oblige les religieux de Palerme à se soumettre en cela aux lois de l'empire’. Le cardinal Baronius a cru et écrit « que, depuis la conversion de Constantin , aucun empereur n’avait exigé l’impôt du clergé, excepté Julien, qui avait renoncé au christianisme, Valens, attaché à la secte des ariens, et Valentinien le Jeune , dominé par l’impératrice Justine, dévouée au même parti’. »

11 résulte, au contraire , des témoignages et des faits que nous venons de citer, que tous les empereurs chrétiens, depuis Constantin jusqu'à Justinien, ont maintenu le principe de l’impôt à l’égard des propriétés du clergé; que les empereurs les plus religieux, tels que Gratien et Théodose le Grand, suivirent à cet égard l’usage éta-

' Thêodorcl, Hiat. ecclc's., liv. IV.

’ Grég., Èp. LXIV, liv. IX, et Kp. XXVII.liv. X.

* Bnroniu«. Ann. .1S7.

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