‹ Du PapeChapitre 36 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

seigneurs de ses États, un abrégé de ces lois, qui fut presque aussitôt adopté par la plupart des princes de son temps, et dans lequel on retrouve toutes les dispositions tyranniques du Code théodosicn contre les hérétiques. Ces dispositions furent même étendues, dans la suite, à tous les sujets des nouvelles monarchies, sans distinction de Romains et de Barbares. Alaric, qui avait commencé par goûter les doctrines de l'arianisme, n'en trouva pas moins bonnes les lois catholiques, pour être un instrument de règne à appliquer aux peuples conquis.

Ainsi, en Occident comme en Orient, la liberté d'opinion fut généralement considérée comme crime public, et digne des plus terribles châtiments. « L’hérésie était réprimée avec tant de sévérité, dit un auteur partisan de ce système, que, durant plusieurs siècles, ses adhé-* rents et ses fauteurs n'osaient se montrer, et qu’à peine en trouvait-on des exemples, si ce n’est en Angleterre, en France et en Espagne, après la conversion de ces royaumes à la foi catholique. » « lin hérétique opiniâtre,

■ aussitôt qu’il était découvert, était poursuivi par l’au-

■ torité des deux puissances, et retranché de la société,

« comme un membre gangrené : l'exil ou la prison

■ perpétuelle était la peine ordinaire de son impiété'. • Malgré l'excessive rigueur avec laquelle, après avoir

frappé les païens et les juifs, ces lois tyrannisaient encore les chrétiens eux-mêmes, l’Église, qui les dictait, ne fut pas toujours satisfaite de la docilité des empereurs, ni constamment reconnaissante envers eux. 11 arriva plus d’une fois que les évêques se soulevèrent

‘ Thoma»>in, TreiU des ééitt.

contre la puissance qui les protégeait. Les emportements de saint Athanase contre Constantin furent souvent imités dans la suite. L’Église catholique n’a pas pardonné à quelques-uns des empereurs d’avoir parfois apporté de l’hésitation à frapper ses adversaires, ou de les avoir pris en pitié...

Des théologiens, s’honorant d’une ingratitude digne de la cause qu’ils servaient, n’ont pas craint de dire « que si les empereurs de Constantinople avaient protégé l’Église, ils l’avaient aussi tyrannisée. » Ils n’ont jamais pu oub.ier que Constantin, sur la fin de sa vie, par une réflexion de la conscience, avait prêté l’oreille aux ariens et consenti à l’exil de l’audacieux Athanase. Ils n’ont pas pardonné davantage à Constance, son fils, de leur avoir témoigné quelque intérêt. VEnetique de Zénon en faveur des eutichéens, VEclhèse d’Héraclius et le Type de Constant en faveur des monothélites, l’édit de Justinien accordé aux ÎMco/TMptiftk*, faits exceptionnels dans l’histoire d’une législation draconienne, sont restés frappés des malédictions ecclésiastiques. Bossuet, qui se plaît à expliquer tous les événements de l’histoire, et qui en trouvait souvent le secret dans les lumières de l’Apocalypse, a dit à cette occasion une vérité, mais en la torturant, pour se dispenser de reconnaissance envers les empereurs et pour en déduire une doctrine déplorable. « Dieu, dit l'illustre écrivain, n’a- « vait pas besoin du secours humain, ni des puissances « de la terre, pour établir son Église. 11 voulait la « fonder malgré les puissances de la terre, et ce ne fut • qu’après l’avoir constituée qu’il fit du grand Con- « stantin un protecteur déclaré du christianisme. Quand « il eut fondé immuablement et élevé jusqu’au comble

Digilized by Googic

Page 1