‹ Du PapeChapitre 37 sur 192 · CHAPITRE IV. 1 2!l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 1 2!l

« ce grand édifice, il lui plut alors d’appeler les rois « de la terre: Et nunc reges! Venez, rois, maintenant! « Il les a donc appelés non par nécessité, mais par « grâce' !... »

C’est un bien grand art que celui de savoir mêler aussi habilement le sophisme à la vérité pour lui en donner les apparences.

La morale chrétienne n’avait, en effet, besoin que d’étre librement présentée aux consciences; car, comme le disent Laclance et saint Jérome, les âmes ne sont pas susceptibles de contrainte et cèdent uniquement à la persuasion. Mais si le christianisme avait pu s'établir malgré les persécutions elles-mêmes, ce qui est incontestable, n’est-il pas raisonnable de croire qu'il pouvait fort bien se soutenir par la seule vertu de son autorité morale, sans mettre h un cruel usage le bras séculier? Et si l'Eglise a eu recours au pouvoir temporel, il s’agissait donc d’autres intérêts que ceux du christianisme! Bossuet est partisan de la théorie de la grâce substituée à celle de la justice et du devoir. 11 trouve, dans son ingratitude envers Constantin et ses successeurs, l’occasion de mettre les chefs dos empires aux pieds du clergé, et ne la laisse pas échapper. Les rois sont appelés en vertu de la grâce de Dieu, et les prêtres sont les dispensateurs de cette grâce; voilà le système! Mais où ce système a-t-il conduit les rois et les peuples depuis Constantin jusqu’à nos jours? .\près avoir réduit, en peu de temps, l'empire romain à ce déjilorable état de choses qu’on a appelé le bas-empire, ne l'a-l-il pas livré, aveugle et énervé, aux mains des barbares du

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Nord et du Midi? N’a-t-il pas plongé l’Occident dans l’ablme ténébreux du movtMi âge, et n’est-on pas effrayé de voir ce que serait encore aujourd'hui le monde chrétien, s’il n'eût secoué ii plusieurs reprises les chaînes du fanatisme, par le peu qui nous reste de ses institutions politiques, tant à Rome que dans un petit nombre d'Etats et de sociétés restés soumis à sa fatale influence?

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