‹ Du PapeChapitre 47 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L’opinion de la présenci; de suint Pierre à Rome, à un certain temps, acquiert de la consistance et se généralise à l’approche du iv* siècle. Lactance fournit un témoignage presque aussi explicite de celte croyance que celui d’Eusèbe lui-même, qui s'en est évidemment inspiré. « Pierre et Paul, dit Lactance, prêchèrent à « Rome, et l’on y conserve la mémoire de leur ensei- « gnemenl. Les miracles que Dieu donnait à Pierre « d'opérer, convertirent jusqu’à des bourreaux, et il « s’établit à Rome un temple permanent de fidèles « Néron, informé de cet établissement, apprit que non- « seulement à Rome, mais de toute part encore, on

■ abandonnait le culte des idoles pour la religion nou- « velle. L’exécrable tyran n’bésila pas devant un nou- • veau crime; il fit abattre le temple céleste, proscrivit

■ la justice , et le premier de tous se mettant à persé- « cuter les serviteurs de Dieu, il fit attacher Pierre à « une croix et mourir Paul'... »

Arnobe, qui avait été maître de Lactance, et s’était comme lui converti au christianisme, parlant aux Romains des preuves de la religion, leur rappelle un prodige qui s’était passé dans leur capitale. « On y avait vu Simon le magicien s’élever dans les airs sur un quadrige de feu, et saint Pierre faire évanouir sa science et précipiter le magicien en invoquant Jésus-Christ*... »

Dès le IV* siècle, l'opinion courait donc généralement que saint Pierre avait été à Rome. Aussi n’avonsnbus plus à nous étonner de voir plusieurs des saints Pères, à dater de cette époque, parler du saint Apôtre

• Lactance, de Morlib. perseeut., c. ii.

• Arnobe, Adreux. Genl., lib. II.

dans ce sens, et s’efforcer de faire converger les esprits vers cette croyance, dans le but de constituer l'unité hiérarchique de l’Église. Le moyen âge tout entier la partagea ; même il la perfectionna à la mesure des nécessités de l’Église, notamment en ce qui touche le point de l’épiscopat de l’Apôtre Pierre.

Les légendes ne manquaient pas, sur le même sujet, pour prouver que le peuple, à la suite des chefs de la chrétienté, s’était particulièrement attaché au nom de saint Pierre, en raison sans doute de la grande renommée qu’il s’était acquise dans l'Orient par ses miracles. Ces légendes abondaient en Italie, oü chacune des grandes villes voulait avoir joui de la prédication de l’Apôtre et en avoir reçu un évêque. C’est ainsi qu’à Naples on raconte encore aujourd'hui que saint Pierre aborda dans cette ville, et y fut reçu par une femme nommée Candide, qui obtint de lui un miracle. L’Apôtre baptisa les Napolitains et leur donna pour évêque le frère de cette Candide, appelé Asprenus.

D’après une chronique rapportée par saint Antoine, archevêque de Florence, < Eliogabale ayant fait renverser les tombeaux qui étaient au Vatican, les fit jeter péle-méle dans les catacombes, et ceux des saints Pierre et Paul s’y trouvèrent confondus avec beaucoup d'autres. Mais leurs ossements furent distingués plus tard par saint Cornèle, qui eut une révélation, laquelle lui fit connaître que le pécheur était plus court que le prédicateur! « Enfin, une autre tradition, que n’a pas dédaigné de recueillir un auteur du temps actuel, rapporte le fait suivant, qui ne ferait pas un grand honneur au courage apostolique de saint Pierre : « Les fidèles de Rome, ayant su que Néron préparait une

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