‹ Du PapeChapitre 51 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l’Epilre par laquelle saint Paul écrit aux Romains qu'il ira les confirmer dans la foi, l'abbé Magnin, auteur convaincu et rival de Bost, croit que Paul, à l’époque où il écrivit sou Epltre aux Romains, n'avait point encore été à Rome. « Cette foi, implantée parmi les Ro- « mains, s’écrie-t-il, de qui était-elle l’ouvrage?... « Nommez un autre Apôtre qui s’y soit transporté et « qui y ait porté la lumière de l’Évangile ! Cherchez « un autre que Pierre qui ait fondé cette Église ; inter- « rogez l’hLstoire, consultez la tradition, et dites-nous « si l'une et l’autre offrent la moindre discordance sur « ce point*!... »

Un autre que Pierre ayant évangélisé Rome est assurément facile à trouver, et nous le trouverons bientôt, en effet, dans les Actes et les Épitres des Apôtres, monuments plus véridiques et plus anciens que les traditions inconsistantes que recherchent de préférence les théologiens.

Après avoir exposé succinctement la question et l’état dans lequel les théologiens catholiques et protestants l'ont laissée, nous allons essayer de la ramener à ses éléments primitifs et, en la simplifiant, de lui donner une conclusion raisonnable.

Il faut prendre au sérieux et traiter avec respect la Suinte Écriture, dont la simplicité est souvent insuffisante sans doute, en fait de* renseignements, mais dont la sincérité ne saurait être suspectée , et ne pas la sacrifier légèrement à des traditions qui, dans les temps reculés dont il s’agit, ont pu donner et ont, en effet, donné lieu à des erreurs dont l’esprit de parti s’est pré-

' .Magnin, La PofauU aax prùt* mte le proietiantume.

valu par la suite. Les critiques les plus graves et les plus religieux conviennent que nous ne savons rien de la vie et de la mort des Apôtres que ce qui nous en est dit dans TEvangile, les Épllres et par saint Luc dans les Actes des Apôtres. C’est donc au témoignage de ces autorités qu’il faut recourir, soit pour se faire des convictions positives, soit pour tirer des inductions favorables à la vérité.

Jésus-Christ avait dit à ses disciples qu'ils auraient à évangéliser le monde entier et tous les peuples, mais ■ à commencer par Jérusalem et les Juifs... •

Aussitôt après l’Ascension, les Apôtres rentrèrent du mont des Oliviers dans la cité sainte, et là, en deux prédications de saint Pierre, huit mille personnes furent converties à la foi chrétienne ; la première Eglise fut fondée par saint Pierre, assisté de tous les Apôtres, sur les lieux mêmes oü s'étaient accomplis les mystères de la Rédemption’.

A quelque temps de là, et avant que les Apôtres fussent sortis de Jérusalem, saint Barnabé fut envoyé à Antioche, où, d’après des renseignements venus de cette ville, il y avait place favorable à la mission. Barnabé y fut accueilli en effet, et voyant que la tâche était considérable, il alla chercher Paul, qui se rendit à cet appel. L’Apôtre y séjourna une année, et c’est ainsi que l’Eglise d’Antioche fut fondée*.

Les Apôtres avaient de bonne heure arrêté une ligne de conduite conforme aux paroles du Seigneur, pour l’accomplissement de leur mission. Ils convinrent particulièrement, pour ce qui avait rapport à l'extension à

' Act. des Apôt., ch. n et iv.

* AcL, ch. XI, vers. 23, 28, 26.

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