CHAPITRE VI
rieurc, sans nul doute, au premier voyage de l’Apôlrc dans la capitale, et cet écrit témoigne abondamment que c'est bien aux prosélytes et amis qu'il y a faits luiméme qu'elle est adressée.
Paul écrit aux chrétiens romains qu'il désire les revoir, les évangéliser encore et les fortifier dans lu foi, en passant chez eux pour se rendre en Espagne, où il désire être accompagné par quelques-uns d'entre eux. On n’a qu’à lire attentivement cette Épitre, pour se convaincre que Paul n’écrivait pas à des personnes converties par d’autres que lui, ou à des personnes étrangères à la foi chrétienne, mais bien à des Gentils et Juifs convertis, ayant déjà dans Rome des églises. Le ton afiectueux avec lequel il leur parle, les éloges qu’il donne à leur foi, les nombreuses personnes qu’il nomme les unes après les autres, mettent hors de doute la vérité sur ces deux points. Mais laissons parler le saint Apôtre luimême : « ... Je rends grâce à Dieu, dit saint Paul, do « ce qu’on parle de votre foi dans tout le monde, car « Dieu m’est témoin que je me souviens sans cesse de vous, • lui demandant qu'il m'ouvre quelque voie favorable « pour aller vers vous. J’ai grand désir de vous voir « pour vous faire part de quelque grâce spirituelle, « afin de vous fortifier ; y en ai été empêché jusqu'à cette « heure*.
« Dieu soit loué de ce qu’ayant été auparavant « esclaves du péché, vous avez obéi, du fond du cœur, « à la doctrine de l'Evangile, sur le modèle de laquelle ” vous êtes formés*. Vous étiez esclaves du péché; mais
' Ch.i, V. 8, 0, 10, 11, 13.
’ Ch. VI, V. 17.
l)L l'Al'K.
0 à présent vous êtes devenus esclaves de Dieu... Vous « n’étiez qu’un olivier sauvage et vous avez été entés « sur l'olivier franc'.
« Je suis persuadé, frères, que vous êtes remplis de « charité et de lumières, et (ju'ainsi vous pouvez vous « instruire les uns les autres. Je vous ai écrit ceci vou- « lant seulement vous faire ressouvenir de ce que vous » savez déjà, selon la qrâre que Dieu m’a donnée d'être
1 ministre en Jésus-Christ panni les Gentils.
• J'ai donc sujet de me glorifier en Jésus-Christ du suca cès de l'œuvre de I Heu' 1... »
Ces passages si clairs de l'Epitre de saint l*aul aux Romains n’ont pas besoin de commentaire. L’Apôtre s’y loue lui-même en Jésus-Christ d'avoir opéré leur évangélisation. Un chapitre de cette Épitre, à la vérité, est sévère; il s’adre.sse par allusion à ceux des Juifs dont il est dit aux Actes qu’ils ne voulurent pas croire la parole de l’Apôtre, et se retirèrent de lui, tandis que d’autres y ajoutèrent foi dès le premier entretien qu'il eut avec eux, après son arrivée à Rome.
C'est lors(}u’il dit que « des branches .sont restées « sauvages, tandis que d’autres ont été entées sur l'oli- « vier franc... Mais que la moisson de la grâce n’en a « été que plus abondante pour les Gentils’. »
Non-seulement saint Paul avait fondé l'Eglise romaine, mais il fait voir que, durant son premier séjour, il avait attiré à Rome plusieurs de ses amis ou cooporateurs, et même des membres de sa famille ; et qu'il portail à cette Eglise une aft’ection toute particulière qui, après être
' cil. XI, V. 17 cl 23.
’ Ch. XV, V. (le 14 à 18.
’ Cil. XI, V. 23.