‹ Du PapeChapitre 65 sur 192 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

qui a fait croire à ces auteurs que mous adoptions la doctrine romaine sur la souveraineté du Pape.

• Vous attribuez un sens exclusif à ces paroles de la liturgie orientale : « O saint Pierre, prince des Apôtres! « primat apostolique, pierre inamovible de la foi, etc. » De semblables ou même de plus grands éloges sont adressés, dans nos livres liturgiques, k d’autres Apôtres : ainsi saint Paul y est nommé fondement de l’Église, pierre de l’Église, conducteur de V Église, primat des Apôtres; Jean, Jacques d’.\Iphée, Mathias, Jacques de Zébédée, y sont qualifiés, comme saint Pierre, de prééminents ou de primats des Apôtres. Jacques, frère du Seigneur, est glorifié par notre Eglise comme le chef des pasteurs, le premier membre de la hiérarchie, le premier pasteur. Jacques de Zébédée est orné du nom de prince des Apôtres. En général, il n’y a pas de nom, de qualité, de titre qui soit, dans nos livres liturgiques, attribué exclusivement à saint Pierre.

« Un esprit prévenu, qui cherche à voir les prétendues prérogatives de saint Pierre, peut être déconcerté en voyant ainsi donner k tous des titres qu’il croyait n'appartenir qu’au premier membre du collège apostolique. 11 est porté à penser que les livTes liturgiques de l’Église catholi([ue orientale sont dépourvus de l’importance doctrinale qu’on leur supposait. Mais c’est là précisément ce qui prouve leur irréprochable orthodoxie, et ce qui sert de témoignage k la doctrine primitive.

« Conformes à l’Évangile, ces livres proclament la prééminence^ personnelle de saint Pierre, parlent de sa primauté fraternelle parmi les Apôtres; mais dès qu’il s’agit de 1a charge de docteur et de pasteur de l’Église, les collègues de Pierre sont placés au même niveau.

Pierre tbndemenl de l’Église ; mais les autres Apôtres le sont aussi. Pierre est docteur infaillible de l’univers; les autres Apôtres le sont aussi. Pierre gouverne l’Église de Dieu ; les autres la gouvernent aussi. Ils ne sont inférieurs, Pierre comme ses confrères dans l’apostolat, qu'à Jésus-Christ, l’unique fondateur et la pierre angulaire de l’Église. A côté de lui, tous les Apôtres ne sont que des fondements secondaires, que des ministres chargés ensemble du gouvernement de l'Église. Lorsqu’il s’agit de ce gouvernement, toutes les prérogatives personnelles, tous les iionneurs et tous les dons particuliers disparaissent; il ne reste que le devoir de servir le seul Roi spirituel, le seul Souverain-Pontife, le seul Chef de l'Église, qui est Jésus-Christ.

« Telle est. Monseigneur, la clef des livres liturgiques de l'Église orientale. Nous appliquons, pour les comprendre , la mémo règle que pour entendre les saintes Écritures; nous en faisons une étude comparative ; nous expliquons et complétons les paroles que Jé-, sus-Christ adressa à saint Pierre (Matih. xvi, 17-19) par celles de saint Pierre lui-méme (I Pierr. n, 4, 16) et par celles de saint Paul ( I Corinth. i, 11-13; iii, 3-11; Ephes. Il, 20).

« Vous avez raison. Monseigneur, de dire que nous n’oublions pas dans nos riltieîs quelques successeurs de saint Pierre, dont nous parlons en termes magnifiques. Je crains toutefois que vous n’entendiez sous le nom de successeurs de saint Pierre les seuls évêques de Rome, et que vous oubliiez que ce titre appartient également aux évêques d’Antioche et d'Alexandrie. Si cela est ainsi, vous n’étespas d’accord avec l’histoire, qui atteste la succession égale des évêques de ces trois sièges, vous êtes en

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