CHAPITRE Vil
la métaphysique la solution du problème qui avait pour objet et de parti pris la souveraineté exclusive de l’un des deux sièges. De part et d’autre, on redoublait d’artifice, pour agir non plus sur l’intelligence déjà absente et sur la noble foi en l'Évangile, qui allait s’éteignant, mais sur la crédulité la pins grossière des peuples. Ainsi , Rome se targuait de posséder les ossements de saint Pierre et de saint Paul, qui la mettaient en possession des plus grands miracles. Constantinople répondait qu’elle possédait les reliques de saint André, de saint Luc, de saint Timothée, de la vraie croix, retrouvées après trois siècles, et môme celles de Samuel, juge et prophète dans Israël ! Mais le grand cheval de bataille, qui revenait dans toutes les luttes oratoires, c’était l’abstraction insaisissable relative à la seconde personne de la Sainte-Trinité. Toute la chrétienté se voyait de temps à autre ébraidée par les discussions des conciles sur ce sujet, qui, sous le voile de la métaphysique. orientale et platonique, cachait le véritable objet des deux ambitions rivales. Le peuple d'Ürient, facile à émouvoir et ami des discussions de tout genre, se mêlait de ces contestations insolubles, et il en résultait plus ou moins de dissensions et de scandales.
Le plus grand des malheurs vint alors, comme un châtiment terrible, frapper la chrétienté. Un homme se leva subitement en Asie au bruit de ces querelles scandaleuses, et d’un .seul mol, mais puissant comme la foudre, trancha et rétablit la question. Se posant en face du problème insaisissable à la conscience comme à la raison, qui semblait diviser Dieu en trois personnes, Mahomet s’écria que Dieu était seul et unique ! Cette parole, jetée au milieu d’une guerre de paroles qui fati-