CHAPITRE Vin
' l’ieri'ü, appelé à l’apostolat par Jésus-Ctu isl, lils du « Dieu vivant, à vous, Irès-exeelleiUs princes. Pépin. « Charles et Garloman, ainsi qu’à vous évéques, abbés
• et moines, ducs et eomtes, année et peuple fraii- <« çais... Moi, Pierre, Apôtre de Dieu à qui il a daigné « confier ses ouailles et donner les clefs du ciel, je « vous regarde comme mes enfants adoptifs, et, oonqt- « tant sur l’amour que vous me portez, je vous exhorte « et vous conjure de délivrer ma ville de Uome, mon « peuple et la basilique où je repose selon la chair, « des violences que les Lombards \ commettent. Moi, « Pierre .\pôtrc, appelé en vertu d’un décret de la « souveraine clémence pour éclairer, moyennant sa <■ puissance, tout l’univers, ainsi que le Seigneur notre « Dieu l’a confirmé en disant : Allez , et enseignez « toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, « diiFils et du Saint-Hsprit; et encore; Hecevez le Saint- « Esprit, les péchés seront remis à qui vous les re-
• mettrez. Et, s’adressant à moi, son serviteur chétif: « Fais paître mes agneaux, fais paître mes brebis ; tu « es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. « C’est pourquoi, moi, Pierre Apôtre, qui vousaiadop- « tés pour mes enfants, je vous exhorte à défendre cette « ville de Rome et le peuple qui m’est confié. Ne vous y « trompez pas, mes chers amis, mais tenez pour sûr (jue « c'est moi-même que vous avez ici vivant et comme en « chair devant vous ; que c'est moi en personne qui vous « écris et qui vous adresse ces exhortations, parce que, « selon la promesse que nous avons refuc de notre « Seigneur Dieu et Rédempteur, nous vous chérissons « entre toutes les nations , vous peuple de France ! « C’est |M)ur cela que nous vous avertisson.s cxjmrné eu
Dr HAPE.
« éiiigiiii', \ous rois très-clirélieiis, Pépin, Charles et « Carloman et tous les évêijues, prêtres, ahbés, et tous « les moines et tous les jujres, les dues, comtes et tout « le |ieuple du royaume de France. 8000111*0/. vos InVcs, « bataillez en perfection et achevez leur délivrance. « O Français! je vous ai préférés à toutes les nations « qui sont sous le ciel. Si vous m'obéissez piom|)te- « meut, vous aurez une grande récompense dans la vie « présente; vous surmonterez tous vos ennemis; vous « vivrez longtemps; vous mangerez les biens de la « terre et vous jouirez sans nul doute de la vie éter- « nelle. Portez-vous bii.ui 1 » On reste stupéfait à la leeture d une pièce pareille, surtout quand ou songe qu’elle était destinée à donner l’impidsion aux événements de la plus haute importance. Faut-il considérer la lettre de saint Pierre comme propre à donner une idée de l'idiotisme dans lequel .serait tombée la France au vin' siècle, on seulement ctnnme un témoignage do charlatanisme ainjuel la cour romaine, dès cétte époque, abaissait la religion pour la faire servir à son pouvoir temporel? On conviendra tout an moins (pi’il était diflicilc aux plus simples d'y voir l'ceuvre d'un pur esprit revenant de l antre monde.
Quoi qu'il eu soit, le roi Pépin .se montra touché des instances du Pontife. Il vola de nouveau à son secours en 1~ob. A son approche, .\.stolphe s empressa de lever le siège de Rome, qui durait depuis trois mois, et s'enferma dans Pavie. Mais Pépin serra le roi des Lombards dans cette place, et le força bientôt à lui demander la paix. Pépin la lui accorda et prit, cotte fois, des mesures propres à assurer l'exécution des promesses du vaincu. Il laissa, .à cet effet, Fnlrade.abbé de Saint-
CHAPITKE Vlll.
Denis, en llulie. Ce dernier se rendit dans toutes les villes de l'exarchat', réclamées par le Pape au nom de la république romaine, s’en lit remettre h“S clefs qu’il vint ensuite déposer sur la confession de saint Pierre. Anastase le bibliothécaire ajoute à ce récit cpie l abbé Fulrade apportait en même temps au pontife Pacte de donation (jue le roi des Lombards lui en faisait pour toujours.
' Nous cimsimioii'i ici une ol>i^fr\;iiiim |'i'< |>rc à nclilier i'i’rrcur (jui consislc, de noire temps, :i eruire <|iu' 1 l'xarrh.il ii'i'lait que Ravenne et les villes de sa dépendanee. A répoquo de l’iii- .sliliilinii des evareliats ou gouvernements généraux de l'empereur, l’Italie entière était sous un exarque. Il e.-t ^ouvcnl parle dans riiisloire de l'exarque d’Italie, comme île ceux d’Asie et d'Afrique. On disad à une époque, Vexarckat de Ravenne, parce que le gouvernement impérial faisait sa résidence dans cette ville. Le premier exarque d’Italie fut I.ongiu; il y avait été envoyé en .'itiS pour défendre cette province contre les Lornliards, et s’était lixé à Ravenne, parce que c'était de ce côté-là que l’ennemi menaçait la \iile de Home.
Le mot exaicliat, depuis rétablissement du royaume des Lombards et pend.int si durée, se prend en deux sens dilTéreiits dans l(‘s anciens antenrs. Dans le sens le plus étendu, il désigne toutes les provitices d’Italie encore soumises aux enqierenrs c’est-à-dire la Vénétie, iiiie partie des côtes de la Ligurie, la partie occidentale de rÉniilie, la Kiaminie, la pallie occidentale de l’ancien l‘ieénom. et Rouie a\ee son territoiro, qu’on appelait ie Duché. Dans un siuis moins étendu, le mol exarchat désigne seulemeni la partie orientale de l’ancienne Émilie et la Kiaminie, ce qui ré- |mnd à peu piès à la Romagne actuelle. Dans ce den 1er sens, l'exarrhat est 'istingué de. la PeiiUipole et du duché de Rome. La Dentapole répond à peu près à la partie occidentale de l’ancien Dicéuum. CVsl ce qu'on apiielle aujourd'hui le duché d'I'rbin, et partielle h Man lie d’Ancône, la; duché de Rome lenferme uce partie de I Étrurie ou To-eane. a\ec la Sabine, une partie de rOmiuic et la t'ampanie: ce qui riqiond à peu prés à ce qu’on aiqielie au jourd’hui le patrimoine de saint Pierre, avec partie de rOmlirieel la campagne de Rome. (Voir Beretla, De llalia medii «ri, et B.mdron. Dklionnoire, aux mots ICxarchitcs, .d-’.Mii.u, l’^^- TAP111.F..S, etc.)
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Voilà dans son plus simple exposé l’objel de ce que les parlisans du pouvoir leinporel appellenl encore aujourd’hui la donation de Pépin, faite dans rassemblée de Uuercy. Celle donation se confondrait, au témoignasse de l’anteur le plus favorable au Saint-Siège, avec celle du roi des I^ombards. L’un l'aurait faite avant d’élre jamais venu en Italie, l’autre après avoir été évincé de ses usurpations. En sorte qu’au lieu d’une donation, eu ces temps-là, le Vatican en aurait eu deux dont il n’a pas (par parenthèse) conservé les titres, alors que, cependant, il a fait reliques des fausses décrétales et de la donation de Constantin. Nombre d’auteurs ont discuté sur ces prétendues donations; mais le bon sens peut suppléer ici à une érudition supertljie. S'il est on ne peut plus invraisemblable que Pépin et les seigneurs français aient écrit et signé à Qm*rcy une donation anticipée , relative aux territoires (pie les Lombards avaient envahis sur les Romains, il est, au contraire, tout à fait raisonnable de croire que Pépin, vainqueur d’Astolphe, lui dicta l’obligation de restituer les territoires en question, et lui lit signer (s'il savait signer) un acte en conséquence. Mais nous nous demandons comment on a pu donner le nom de donation, soit à l'acte supposé de l’assemblée de Quercy, soit au traité fait entre Pépin et Astolphe, lorsipi’il m* s’agissait que de la restitution à la républi(pie romaine d'un territoire qui lui appartenait et en faisait partie, depuis la déclaration d'indépendance à laipielle les villes de ces provinces avaient adhéré. Ronner à (jucl- (ju'un ce qui lui appartient n’est pas de droit. 11 ne reste donc du fait historique en question, qu'un service rendu par Pépin à l’Eglise et à la république r((maines.