LÉON III
('.Iiarltmagnc en Italie. — La donation de Constantin. — Charlemagne n'est point dupe d’une semblable fraude. — Léon III conçoit le dessein de réaliser la théocratie indirecte. — Cbarlemagne proclaibé empereur des Romains et sacré par le Pape. — Autres donations supposées. — Précautions inutiles de Charlemagne pour sauvegarder le droit de souveraineté. — Le droit d’Êtat vaincu par le droit divin. — Successeurs de Cttarlcmagne. — Ils sont tous les jouets de la Papauté. — Génie et dignité personnelle de Charlemagne. — Ses efforts pour arrêter le progrès de l'ignorance. — La théocratie pleinement maltresse des États. — La responsabilité de la Papauté dans cette position suprême. — Aspect politique et religieux du moyen Age.
Les Lombards étaient intraitables ; ils voulaient à tout prix unifier l’Italie sous le sceptre de leur roi, et observaient mal, pour ce motif, le respect dû aux traités. Sous le règne du roi Didier , ils envahirent de nouveau le territoire romain. Alors le Pape Adrien à l’exemple de ses prédécesseurs, s’empressa de recourir à la France. Charlemagne, fils de Pépin, 'passa les Alpes avec une bonne armée, défit les Lombards, détrôna Didier, mit la couronne de ce vaillant peuple sur sa tête, et prit en même temps le titre de roi d'Italie.
A l’occasion des rapides succès de ce prince, le Pape Adrien ne crut pouvoir mieux faire que de le combler