‹ Du PapeChapitre 82 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

quels Clmileinagiie exer^-a une salutaire iiiHuenee sur son siècle, .\ussi l’empereur fil-il, pour témoigner sa reconnaissance à Paul, des vers restés comme un monument qui honore ses sentiments et sa magnanimité. Charlemagne eut encore à son service le célèbre Anglais Eginhard, qui lui fut fort utile. Les faveurs notables qu’il versa sur Paulin, patriarche d’.\quilée, par amour des lumières, furent payées aussi par d’utiles services. Mais il n’en fut pas de même d’un autre Italien , qu’il avaii nommé évêque d'Orléans et abbé d’un couveul. Celui-ci le trahit dans la personne de son fils et niourul en prison. Telle était la pénurie d’hommes sachani quelque chose que Charlemagne fut réduit ii ce petit nombre de lettrés pour satisfaire son goût pour les sciences. 11 ne put pas venir à bout avec eux de rétablir, comme il l’aurait désiré, la langue latine, et les monuments littéraires de ce temps-là prouvent qu’ils ne lireni que s’enfoncer dans le barbarisme.

Charlemagne cependant, avec des éléments si restreints, arrêta, comme il en avait le projet, l'océan de ténèbres qui n’avait cessé de se dérouler sur le monde depuis la destruction de la civilisation giéco roiiKiine. Il fonda des écoles en dehors des cloîtres, qu il ap|)ela acatlémies, et dont, après lui, Lothaire fortifia 1 organisation et favorisa le développement, Charlemagne fit pour la postérité autre chose ; il fonda, par ses CAPITULAIRES, uii nouvcHu (lioit civil, et s’appliqua à le faire vivre, à côté du droit canonique, qui déjà einaliissait et obscurcissait toutes les affaires et confondait Ions les intérêts. L’Eglise a canonisé Cliaricmagiie ; mais les créations de cet empereai' avaient été peu fin goût du clergé. L ombrage qu’il prit des instiintions

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laïques, Ibndées sous le nom d académies, fut tel que le Pape Eugène II assembla un concile pour délibérer à leur sujet, et pour faire décider qu'on y ferait du moins admettre un cours -de théologie. 1/Italie centrale comptait neuf de ces académies dans ses principales villes, et elles nous sont suspectes d'avoir été pour les provinces de cette contrée le germe des libertés qui s’y levènmt plus tard, et y firent éclore de nombreuses universités devenues elles-mêmes la source de la renaissance et de la civilisation moderne.

Il n'est pas d’histoire plus diilicile à suivre que celle de ces temps-là. Le ix' siècle fut d’une obscurité qui en dérobe souvent l’état véritable aux yeux les plus scrutateurs. La misère physifiue égalait la misère morale. La féodalité s’était formée d'un grand nombre de ces chefs d’aventuriers armés qui, de toutes les contrées du monde, avaient envahi l'Empire et s’étaient établis sur ses ruines. Vaiiujueurs et vaincus s’étaient vus obligés de vivre et de travailler ensemble, mais dans les conditions mêmes de la barbarie. Déjà les Lombards avaient une sorte d’organisation sociale unûjuement hiérarchique, étant un peuple tout militaire comme les autres peuples venus du Nord. Leurs chefs étaient des ducs et des comtes, possesseurs de fiefs et de domaines dont les populations leur appartenaient en propriété'. D’un autre côté, en France, dès Charles Martel on avait désigné des terres dont la concession entraînait rinféodation, soit à la couronne directement, soit aux seigneurs ou grands vassaux. Lorsqu’un semblable ordre de choses se fut éta-

' Lr ni il duc était une comiplion du mol latin dur , cliel ou rapitaiiie d’arinéo; romte > ruait de romf*, roiiipagnou pu lieutenant.

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