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CHAPITRE IX

rendre hommage au sein de la profunulion. Il allendrail ensuite que les lumières, éteintes par les malheurs des temps, revinssent, après une nuit de dix siècles, rendre à son enseignement le libre concours de la science, et lui ouvrir définitivement accès dans les intelligences et dans les institutions des peuples, malgré les efforts réunis de l'Eglise et des monarchies de droit divin pour lui résister.

Au milieu et en face du système féodal, l’Eglise, considérée comme puissance, était néanmoins l'élément le plus influent et le plus utile. Après avoir détruit la civilisation romaine, elle était relativement à la barbarie du moyen âge une civilisation. .\près avoir tué l’empire et les religions qui en faisaient la base, elle était ellemême empire et religion, et ce n'était pas en vain que la Papauté avait revêtu les dépouilles des Césars et mis sur sa tête la tiare pontificale ; le double prestige du pouvoir politique et de l’autorité religieuse l'environnait. Dans une telle position, bien qu’en contradiction formelle avec les préceptes de l’Evangile, la Papauté se voyait forcée de s’étayer du nom chrétien resté cher aux peuples et leur unique héritage. Elle n'avait pas d'autre voie ouverte, d’autre droit à invoquer, d'autre raison d'être, d’autre recommandation et appui dans les esprits. Il fallait, sous peine de périr, qu’elle fit un rôle en quelque chose chrétien, et représentât, bien ou mal, cette puissance céle.ste qu'elle s’était attribuée, et dont la misère des temps semblait faire une nécessité. La Papauté dès lors n’usurpait plus l’autorité : on la forçait d’être, on voulait qu elle fût ce qu’elle se disait; et cela est tellement vrai que ni les honteux scandales, ni les crimes abominables, dont une foule de Pontifes donnèrent plus

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lard I exemple, ii empèclièreiU pus qu oii ne lui eoiuser- \ùl la vénéralioii (jui s adressait au christianisme vrai, et qu il ne vint jamais à la pensée de personne d'abolir 1 institution. Les princes l'invoquaient et la redoutaient ; sa sanction était une condition essentielle de leur règne sur des populations qu elle tenait soumises à sa foi. Après l'avoir élevée au-dessus de leur tête et à l'envi, en acceptant à genoux son sacre ou droit divin, comme ils avaient fait depuis Pépin, Charlemagne et toute sa dynastie, les princes restaient, par suite d’un acte de cette importance, sous l’autorité et le prestige que le peuple voyait dans la Papauté et dans l'Eglise.

La puissance ecclésiastique, du reste, était déjà fortement constituée au ix' siècle; elle était aussi bien hié* rarcliisée que le pouvoir féodal lui-même, mieux disciplinée, plus éclairée et formant un réseau à la fois plus étendu cl mieux serré, par l'institution des conciles. Et puis, ilans la détresse générale, dans ce naufrage où s'étaient brisées les sociétés cl confondus, pêle-mêle, les nations et les hommes, une puissance suprême quel con(jue n'était-elle pas pour tous, plus ou moins, l’espérance du salut ! Il n’y avait pas un homme à cette époque qui ne crût la Papauté positivement dérivée de Dieu, et Dieu lui-méme sur la terre. La succession de saint Pierre et la donation de Constantin obtenaient une égale créance, et le Pape, muni de ce double titre, pouvait paraître modeste, en daignant se contenter de tenir les clefs du ciel et en accordant aux princes dociles l administration des afl’aires de la terre.

C’est bien là aussi le point de vue auquel les meilleurs esprits dans l'Eglise plaçaient la Papauté. Le Pape allait du haut de son siège gouverner le monde par la

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