‹ Du PapeChapitre 92 sur 192 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le marquis (l ivrée, Ardoin, qui lève l’étendard du patriotisme contre l'étranger. Soutenu par toute la noblesse italienne et par les villes lombardes, il tenait depuis dix ans les Allemands en échec, lorsque arriva une nouvelle traliison de la cour romaine. Le pape Benoît VIH, qui se trouvait en compétition avec un rival et expulsé de Rome, eut recours au moyen ordinaire des Pontifes. Il s’enfuit en Allemagne, offrit la couronne impériale à Henri II, et celui-ci, pour la recevoir à Saint-Pierre, doubla son armée et le ramena victorieux à Rome. A quelque chose ce malheur fut bon. Henri II était un prince honnête et pieux. 11 trouva le siège épiscopal mis à l’enchère et vendu, argent comptant, à trois Papes tout à la fois. 11 chassa ces gens-là, et parla haut des vertus qui devaient se rencoptrer dans la Papauté et dans le sacerdoce tout entier.

L’influence de ce prince ne fut pas étrangère probablement à la vive réaction de l'opinion publique qui se manifesta à cette époque, et dont le principal organe fut le célèbre moine Pierre Damiens. Le haut clergé ne s’était que trop inspiré des funestes exemples donnés par la Papauté. Les évêques se trouvaient tous pourvus de biens et de pouvoirs temporels, et avaient joint à leur titre ecclésiastique ceux de comte, de duc, de prince, etc. Les évêchés se vendaient; le luxe des prélats dépassait celui des nobles, et leurs mœurs, à des exceptions près, n’avtiient rien de la dignité saeerdotale. Damiens sort de son couvent pour fustiger la féodalité cléricale de ses prédications et de ses écrits. Le peuple, toujours ami du moine, fait chorus avec lui. On dénonce de toute part l’ambition des prélats, leurs richesses scandaleuses, leur insatiable orgueil, leur vé-

ÜL’ PAPE.

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