‹ Du PapeChapitre 93 sur 192 · DOS · texte numérisé non relu

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nalité, leur coinplaisunce à couvrir les abus introduils dans la collation des bénéfices. Damiens, faisant allusion à la bassesse avec laquelle ils se ménagent la protection des grands, les traite de courtisans, de bouffons, d'esclaves; il les persifle, les tourne en ridicule et les chansonne publiquement.

Cette opposition de bonne nature se propage et prend de la consistance. Rome est plus tranquille, et de meilleurs Papes sont élus. L’illustre Gerbert, sous le nom de Sylvestre II , sert de modèle à quelques autres. Clément VI, Léon IX, Victor il s'efl'orcent d’effacer les souillures du Saint-Siège et de relever l’autorité pontificale. Ce dernier, comme pour jeter un défi à tous ces princes de l'Église, nomme Pierre Damiens évéque et premier cardinal. Damiens se récuse, réclame pour l'honneur de son vêtement de bure, et s'enfuit. Poursuivi par le Pape, sommé d'accepter, menacé d'excommunication, le moine accepte cette pourpre en exprimant son dédain.

Damiens n’était , toutefois , que le précurseur d'un autre moine qui devait donner son nom au xi' siècle, et jeter sur le Saint-Siège un éclat dont il n'avait point encore brillé.

Sorti de l'abbaye de Cluny, où il avait nourri obscurément la pensée de voir la Papauté reprendre de haut la théocratie conçue par Léon III et ses successeurs , Hildebrand se rendit à Rome. Fils d’un charpentier de Saona en Toscane, il joignait à l’intelligence et à l’ardeur de la race italienne une audace que la passion de la politique peut seule inspirer. Personnifiant l’Église dans sa pensée, son idéal était le gouvernement du monde entier par le Pape, unique souverain. Il osa dé-

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